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La demande pour la viande de dindon est en croissance au Canada, alors que les éleveurs font face à divers défis, dont ceux des pertes de production liées à la grippe aviaire et de la pénurie de main-d’œuvre dans les abattoirs. Photo : Shutterstock

La demande pour la viande de dindon est en croissance au Canada, alors que les éleveurs font face à divers défis, dont ceux des pertes de production liées à la grippe aviaire et de la pénurie de main-d’œuvre dans les abattoirs. Photo : Shutterstock

Des stocks de dindons suffisants malgré la grippe aviaire

Les réserves de dindons, bien que basses, suffiront malgré tout à répondre adéquatement à la demande, qui est habituellement plus grande pendant les fêtes de l’Action de grâce et de Noël, estiment les Éleveurs de volailles du Québec, et ce, même si la grippe aviaire continue de ralentir la production de la province.

La directrice générale, Marie-Eve Tremblay, souligne toutefois « qu’il manque actuellement de poitrines de dinde », ce qui peut exercer une certaine pression sur les prix en épicerie.

Rappelons que depuis le 28 juin, ce sont environ 90 000 dindons frappés par la souche H5N1 de la grippe aviaire qui ont dû être éliminés dans cinq sites infectés de la région de Québec. Sans compter que les fermes de volailles situées dans un rayon de 3 km de ces cinq sites ont dû suspendre l’entrée de nouveaux oiseaux, et donc de leur production, jusqu’à ce que l’Agence canadienne d’inspection des aliments termine les opérations de nettoyage et le compostage des oiseaux malades. « La bonne nouvelle, c’est que les élevages situés dans ces zones ont pu recommencer à rentrer des poussins depuis le 18 août, alors que nous pensions que ce ne serait qu’au mois d’octobre », spécifie la dirigeante.

Des volumes relocalisés

Les volumes de viande de dindons qui n’ont pu être produits du côté tant des sites infectés que de ceux situés dans la zone des 3 km pourront toutefois être « relocalisés » dans d’autres sites d’élevage ailleurs au Québec. « Nous avons trouvé des éleveurs prêts à produire plus de dindons pour combler ce manque , révèle Mme Tremblay, mais il nous faut encore trouver des solutions avec nos transformateurs qui font face à divers défis, notamment celui de la main-d’œuvre, et qui ne peuvent pas assurer l’abattage et la transformation de ce surplus occasionnel de dindons .»

Des discussions sont en cours pour trouver des solutions. L’une d’elles étant de faire abattre un certain volume de la production québécoise dans des abattoirs de l’Ontario. 

Croissance de l’allocation

En parallèle, les organisations provinciales, sous l’égide du Conseil des produits agricoles du Canada, se sont entendues pour revoir à la hausse le nombre de kilogrammes de viande de dindons devant être produits au pays dans le cadre du système de gestion de l’offre pour l’année 2022-2023 (du 1er mai au 29 avril).

Le volume prévu est ainsi passé de 143 à 146 millions de kg, soit 3 millions de kg de plus, pour répondre à des besoins plus grands que ce qui avait été anticipé, précise la directrice générale des Éleveurs de volailles du Québec, Marie-Eve Tremblay. Le Québec, qui détient 22 % des parts de la production canadienne, devra donc produire, d’ici la fin avril, quelque 650 000 kg de plus de dindons que ce que prévoyait initialement son allocation. Un défi qui s’ajoute donc à celui lié à la relocalisation de la production des dindons décimés par la grippe aviaire.