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Le mot « viande » apparaît à trois reprises au dos de l’emballage des galettes à hamburgers Beyond Meat. Photo : Josianne Desjardins/TCN

Le mot « viande » apparaît à trois reprises au dos de l’emballage des galettes à hamburgers Beyond Meat. Photo : Josianne Desjardins/TCN

Beyond Meat toujours en défaut

Tout récemment, l’Union des producteurs agricoles (UPA) et les Producteurs de bovins du Québec (PBQ) ont adressé une plainte contre l’entreprise californienne Beyond Meat à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour l’usage du mot « viande », pourtant interdit par la loi fédérale pour qualifier un produit d’origine végétale.

La missive avait pour but de faire changer la campagne promotionnelle de la compagnie américaine au Canada. Les PBQ reprochaient à Beyond Meat de promouvoir de la « viande à base de plantes » dans l’un de leurs communiqués, avant le lancement du produit en épicerie. « C’est discutable comme manière de décrire les choses. La base de cette plainte-là […] est vraiment sur la façon d’utiliser ce libellé [viande] », soutient Julien Levac Joubert, des PBQ. Ce dernier souligne que l’usage du mot « viande » est un irritant pour les éleveurs, qui considèrent que ce produit devrait être plus clairement différencié.

Selon la réglementation canadienne, le terme « viande » doit être réservé aux parties comestibles d’une carcasse animale. L’appellation « simili » doit figurer sur les étiquettes des produits de viande et de volaille simulés ainsi que sur les annonces publicitaires créées par les fabricants. Le non-respect de la loi peut entraîner des accusations de fraude et des amendes pouvant aller de 50 000 $ à 250 000 $. L’ACIA peut aussi faire un rappel des produits ou encore révoquer la licence des entreprises fautives en vertu du nouveau Règlement sur la salubrité des aliments au Canada (RSAC).

Réglementations « prises au sérieux »

L’ACIA refuse d’indiquer si elle est intervenue auprès de Beyond Meat à la suite de cette plainte. De son côté, l’entreprise californienne s’est limitée à répondre à La Terre par courriel qu’elle prend « très au sérieux » les réglementations canadiennes et qu’elle entend revoir ses communications futures.

Pourtant, son communiqué comportant le mot « viande » est toujours en ligne et ce terme figure encore au dos des emballages de Beyond Meat à l’épicerie. « Pourquoi ne pouvons-nous pas fabriquer de la viande à partir de plantes? Il s’avère que c’est possible », est-il écrit en petits caractères.

D’autres voix dénonciatrices se joignent à celle des PBQ. Les producteurs de bœuf de l’Alberta ainsi que la Canadian Cattlemen’s Association appuient la plainte québécoise contre la compagnie américaine Beyond Meat, peut-on lire sur le site de Radio-Canada.

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