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L’hybrideur Roland Joannin travaille à développer des variétés de pommes hybrides depuis plus de 30 ans. Crédit photo: Josianne Desjardins/TCN

L’hybrideur Roland Joannin travaille à développer des variétés de pommes hybrides depuis plus de 30 ans. Crédit photo: Josianne Desjardins/TCN

Amener la pomme encore plus loin

SAINT-JOSEPH-DU-LAC — Les consommateurs devraient bientôt voir apparaître une nouvelle marque de commerce dans le rayon des fruits et légumes : Pommes d’ici. Ce sera l’aboutissement et le symbole d’un long travail d’innovation et de lutte pour la reconnaissance, piloté par l’hybrideur Roland Joannin, de Saint-Joseph-du-Lac.

La demande officielle a été déposée et la marque ainsi que son logo devraient être reconnus d’ici novembre, informe le fondateur du collectif La Pomme de demain. « C’est énorme comme concrétisation », se réjouit celui qui s’active à développer et à mettre de l’avant des variétés hybrides depuis 1986.

Le conseil d’administration du collectif qui réunit 60 membres devra décider du meilleur moment pour lancer la marque. Plusieurs variétés hybrides déjà en vente chez certains producteurs et marchés publics, comme la Belle d’août, la Passionata et l’Octobre, pourraient en bénéficier.

La Rosinette, une pomme au goût floral dont la chair blanche devient parfois rosée à maturité, est également l’une des variétés visées par la marque. Elle a finalement été brevetée en 2014 après 20 ans de travail. Toutefois, elle ne sera sur les étals des supermarchés que dans quatre ou cinq ans, le temps d’en produire suffisamment dans les vergers.

Variétés à l’essai

Quatre variétés sont présentement « candidates au brevet », dont l’Eureka, aussi appelée la QV2-1. « Ça faisait longtemps que je cherchais une pomme jaune avec un goût acidulé, qui n’est pas trop sucrée ni trop acide. On goûte un peu la poire », décrit M. Joannin, lors d’une visite de la parcelle expérimentale aux Vergers Multi-Pommes.

Bien que cette pomme soit intéressante, l’hybrideur n’est pas encore prêt à la soumettre au processus du brevet. Il devra notamment s’assurer de sa résistance au froid et de sa régularité de production. Mais si elle passe le test, on pourra l’acheter à l’épicerie d’ici environ sept ans. Dans ce milieu, « il ne faut pas avoir peur de vieillir! » lance M. Joannin à la blague.

Trois autres variétés n’ayant pas encore été baptisées sont aussi dans la course au brevet, mais elles doivent continuer de faire leurs preuves au verger.

Miser sur le goût

Pour M. Joannin, la marque Pommes d’ici vient renforcer le concept de l’achat local, mais surtout l’idée de vendre une pomme pour son goût plutôt que pour son apparence.

La McIntosh ou la Lobo sont des variétés commerciales et non gustatives, estime M. Joannin. « L’Eureka a des pores; elle est plus rugueuse. Elle n’est pas lisse au toucher et ça peut repousser le consommateur. Il faudra la vendre pour son goût », fait-il valoir. Selon lui, les mentalités évoluent, comme cela a été le cas pour les bières à l’apparence trouble. « Il ne faut pas avoir peur du risque », conclut-il.