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Les personnes qui souffrent de maladie mentale peuvent éprouver de la gêne et de la honte et, conséquemment, refuser de parler de leur état à leur entourage, par crainte de se faire juger négativement.

Les personnes qui souffrent de maladie mentale peuvent éprouver de la gêne et de la honte et, conséquemment, refuser de parler de leur état à leur entourage, par crainte de se faire juger négativement.

Le poids de la stigmatisation

En cette semaine de sensibilisation aux maladies mentales, nous croyons qu’il est important de parler des préjugés défavorables persistants à l’égard de ces maladies.

Albert Einstein disait qu’« il est plus facile de désintégrer un atome que de détruire un préjugé ». Les personnes qui souffrent de dépression majeure, de trouble bipolaire, d’anxiété généralisée ou de troubles obsessionnels compulsifs sont encore trop souvent victimes de la stigmatisation associée à la maladie mentale.

À coeur ouvertOn leur appose diverses étiquettes blessantes et erronées, dont le manque de volonté et la faiblesse de caractère. Combien de fois avons-nous entendu qu’une personne en dépression n’avait qu’à se botter le derrière pour s’en sortir? Ces jugements négatifs sont parfois plus difficiles à vivre que la maladie elle-même. On ne songerait pas à émettre ce genre de commentaires envers les gens atteints d’une maladie physique.

Les personnes qui souffrent de maladie mentale ont fréquemment intériorisé ces préjugés. Elles peuvent éprouver de la gêne et de la honte et, conséquemment, refuser de parler de leur état à leur entourage, par crainte de se faire juger négativement. On va s’exprimer ouvertement au sujet de ses problèmes cardiaques, mais on va cacher un désordre mental. Un homme atteint de dépression sévère nous a dit que s’il souffrait de cancer, il pourrait au moins en parler avec ses amis et espérer obtenir de la compassion et du réconfort, alors que là, il gardait ça pour lui.

Un Canadien sur cinq sera aux prises avec une maladie mentale au cours de sa vie. Personne n’est à l’abri. Combattre les préjugés qui conduisent à la culpabilisation, à la stigmatisation et à la discrimination des personnes atteintes devient donc l’affaire de tous.

Q Pourriez-vous expliquer la différence entre le découragement, la déprime et la dépression?

R On vit tous des hauts et des bas dans la vie. On peut être découragé à la suite d’un épisode de grêle qui a détruit les récoltes et ressentir du découragement lorsque les prix offerts pour ses produits ne cessent de baisser. Il est également normal d’être triste ou déprimé après le décès d’une personne chère. Dans ces exemples, les symptômes d’abattement et de démoralisation sont généralement temporaires, et le temps permet habituellement d’arranger les choses et de se remettre « sur le piton ».

Par contre, la dépression est une maladie complexe dont les symptômes persistent dans le temps. L’humeur morose d’une personne dépressive variera peu, même en présence de bonnes nouvelles. Lors d’une dépression, bien souvent, on ne se reconnaît plus. On peut avoir envie de pleurer sans raison, être plus irritable, n’avoir plus le goût de rien, avoir de la difficulté à se concentrer, avoir perdu l’estime de soi, éprouver un sentiment de vide et d’inutilité, avoir de la difficulté à prendre des décisions, ressentir une baisse d’énergie, avoir le sommeil perturbé, avoir moins d’appétit, connaître une diminution de la libido et souffrir de divers maux (estomac, dos, ventre, tête, etc.). La personne peut avoir de la difficulté à se lever. De plus, son hygiène personnelle peut être négligée. Elle peut également avoir des idées suicidaires. Donc, c’est un état plus durable, plus intense, plus envahissant et paralysant que des épisodes de déprime ou de découragement. Mais on peut s’en sortir! La première étape est de consulter son médecin.