Le laboratoire où les échantillons sont séchés puis tamisés avant le début des analyses. Photo : Audrey-Kim Minville, Université Laval
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S'abonner maintenantUne étude menée conjointement par Agriclimat et l’Université Laval brosse un portrait des émissions de gaz à effet de serre de 62 fermes laitières au Québec et de l’historique des sols de 42 fermes. Parmi les premiers constats de l’étude réalisée par Alexis Ruiz-Gonzalez, Sébastien Fournel et Édith Charbonneau, il y en a un qui retient particulièrement l’attention : la culture des plantes fourragères pérennes reste le moyen le plus efficace pour augmenter le carbone du sol.
Mais derrière ce constat se cache tout un travail scientifique. Vous êtes-vous déjà demandé comment on passe d’un simple échantillon de terre à une estimation du carbone stocké sous nos pieds ?
Le parcours des échantillons
Marie-Élise Samson et Audrey-Kim Minville ont décrit ce processus dans un article rédigé dans le cadre de leur implication au Laboratoire vivant – Lait carboneutre. L’échantillonnage débute au champ, où différents sites sont sélectionnés selon le type de sol, l’historique cultural et la présence de zones adjacentes, comme des boisés, des bandes riveraines ou des haies brise-vent, servant de points de comparaison. Les prélèvements sont réalisés jusqu’à un mètre de profondeur afin de documenter autant le carbone présent dans les couches superficielles que celui retrouvé plus profondément dans le sol, généralement considéré comme plus stable à long terme.
Une fois au laboratoire, les échantillons sont séchés puis tamisés avant le début des analyses.
Comprendre les différentes formes de carbone
L’une des étapes clés est le fractionnement granulométrique, qui sépare la matière organique selon la taille des particules. La matière organique particulaire provient surtout des résidus végétaux en décomposition et réagit plus rapidement aux changements de pratiques culturales. La matière organique fine, quant à elle, est associée aux particules minérales du sol et représente une forme de carbone généralement plus stable et conservée sur de plus longues périodes.
La quantification du carbone
Les échantillons sont ensuite réduits en poudre fine et analysés dans un appareil chauffant les capsules à très haute température. Le carbone est alors transformé en gaz, puis mesuré, afin de déterminer précisément la quantité présente dans chaque fraction de sol.
En combinant ces résultats à d’autres données, comme la texture du sol ou la densité apparente, on peut estimer les stocks de carbone dans le sol et en suivre l’évolution au fil du temps.
En fin de compte, mesurer le carbone du sol, c’est transformer la terre en données pour mieux comprendre ce qui renforce la santé et la résilience du sol, un rôle auquel les plantes fourragères pérennes contribuent grandement.
Le contenu de cette chronique est inspiré de travaux et d’articles réalisés par les chercheurs et collaborateurs mentionnés, et en présente une interprétation libre à des fins de vulgarisation.