Diane Aubin et Jean-Guy Lacelle ont remporté plus tôt cette année le prix Coup de coeur du public dans la catégorie « Agrotourisme ».
En plein boisé, on découvre un minizoo que Jean-Guy Lacelle a appelé l’Arche de Zoé, du nom de sa petite-fille.
La boutique attire de plus en plus de visiteurs locaux et de voyageurs de passage.
Tel que publié dans La Terre de chez nous

Une triple certification bien méritée

Diane Aubin et Jean- Guy Lacelle ont été les premiers surpris en apprenant qu’ils avaient remporté le prix Coup de coeur du public dans la catégorie « Agrotourisme » organisé par l’Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand (anciennement Fédération des Agricotours du Québec). C’est à partir de fiches complétées par la clientèle et des commentaires reçus que leur ferme, La Rose des Vents, a été retenue comme lauréate 2010 et à la suite d’une évaluation par un jury composé de trois consommateurs.

01 juillet 2010
par Victor Larivière - Vie Rurale

Le jour même où Diane et Jean-Guy apprenaient la bonne nouvelle, naissait leur petite- fille. Pour cette raison, ils n’ont pu assister à la remise des prix à Château-Richer le 16 mai dernier. La Terre de chez nous a voulu en savoir un peu plus sur l’aventure de cette petite entreprise agricole qui a su se diversifier pour devenir un Relais du terroir certifié, une Ferme découverte certifiée et une Table champêtre certifiée.

Changements majeurs

Sur la terre des Lacelle, on produisait du lait depuis 1945. Avant de reprendre la ferme de ses parents en 1981, Jean-Guy sera tour à tour bûcheron, ébéniste et mécanicien. Jusqu’en 2000, il poursuit la production laitière. Un cancer l’oblige à vendre le troupeau et à se réorienter graduellement vers la transformation des viandes de boeuf et de poulet. C’est qu’il n’y a pas d’abattoir dans le coin et le couple Lacelle-Aubin aspire à faire sa propre mise en marché. L’abattage se fait donc à l’extérieur et la transformation est complétée sur la ferme de Mont-Laurier dans leurs trois salles de découpe qui possèdent un permis C1 pour une inspection plus sévère. Jusqu’en 2008, ils élevaient une quarantaine de vaches à boeuf. Ils ont réduit à 20 têtes cette année, à cause de la crise. Leur quota de poulet est de 400 mètres carrés. Sur une superficie de 400 acres, on produit des céréales et des fourrages de luzerne et de mil, le tout avec des engrais naturels et sans pesticides. Dans les salles de découpe, on transforme aussi du gibier élevé sur la ferme ou encore pour des chasseurs de la région.

Devant l’ampleur du projet de leurs parents, trois de leurs quatre enfants se sont intéressés à cette belle aventure familiale. Leur fille Geneviève, formée en boucherie et en cuisine, a rejoint l’entreprise. Même chose pour leur fils Jean-Philippe, diplômé en mécanique, de même que pour leur autre fille, Myrianne, bouchère elle aussi. Un gendre électricien et ferblantier, Patrick Sénéchal, et un autre gendre, Yvan Gagné, boucher, ont fait de même.

À l’automne, la Ferme La Rose des Vents engage jusqu’à 17 ou 18 personnes dans les salles de découpe, dans les cuisines et dans la boutique ouverte à l’année depuis 2007. En plus des viandes transformées en brochettes, en boulettes, en pâtés, en saucisses ou en croquettes, La Ferme La Rose des Vents offre des bouchées froides sur demande. Cette dernière vend aussi plein de produits du terroir de la région des Hautes Laurentides. Située sur la route 117 qui mène en Abitibi, juste à la sortie de Mont-Laurier, la boutique attire de plus en plus de visiteurs locaux et de voyageurs de passage. Le bouche-à-oreille a fait son oeuvre.

Distribution élargie

Vendre sur place n’était pas assez pour Diane et Jean-Guy. Leur poulet de grain est offert chez IGA de Mont-Laurier. Pour leur viande et leurs produits transformés, ils ont développé jusqu’à Saint-Sauveur un réseau de distribution dans les épiceries. L’été, ils font aussi les marchés publics de Val-David et de Tremblant. À ce dernier endroit, ils fournissent aussi un restaurant. L’an dernier, ils se rendaient à la Foire gourmande de Ville-Marie au Témiscamingue. Ils y ont fait de belles rencontres et prévoient y retourner.

Ferme découverte

Jean-Guy Lacelle adore recevoir les jeunes chez lui. Pour les écoles et les garderies, il a développé un circuit en tracteur pour faire connaître toutes les facettes de la vie sur la ferme. Il éprouve un grand plaisir à initier les enfants à la façon d’appeler les vaches (quié… quié… ou vinten… vinten…) Les petits sont émerveillés de voir les animaux répondre à l’appel et parfois venir manger dans leur main.

En plein boisé, on découvre un minizoo qu’il a appelé l’Arche de Zoé, du nom de sa petite-fille. On y fait connaissance avec les daims, les cerfs, les bisons, les lamas, les sangliers, les ânes, les moutons, les chèvres, les lapins et encore plus. On peut aussi emprunter des sentiers dans l’érablière et participer à des jeux d’hébertisme et se sortir d’un labyrinthe. Le coin des petits se veut aussi éducatif avec un endroit pour dessiner, bricoler et échanger des histoires sur les animaux.

Pour les plus âgés, deux jeunes de Montréal ont loué un espace en forêt pour y aménager un site d’arbre en arbre avec tout un réseau de câbles et de passerelles à différentes hauteurs. En 2009, pendant la belle saison, 4000 personnes ont participé à cette dernière activité en plein développement au Québec. L’an dernier, Jean-Guy a aménagé trois pentes entre les rangées d’arbres pour des glissades sur la neige avec des tubes.

Tous ces groupes qui fréquentent la ferme font aussi escale à la boutique, ce qui aide aussi à faire connaître et apprécier les produits du terroir.

Attenante à la boutique, une table champêtre tenue par un couple de l’extérieur reçoit des groupes sur réservation et, s’il y a de la place, des visiteurs de passage. Évidemment, on y sert en priorité des produits de la région. Diane et sa fille Geneviève offrent aussi plein de recettes, les leurs et celles des clients. Elles vendent aussi, pour celles et ceux qui manquent de temps, des sacs à bouillir avec des produits courants.

Jean-Guy en délire

Histoire de se dérider un peu, Jean-Guy, qui n’a pas peur de faire rire de lui, a élaboré avec la radio de Mont-Laurier un concours d’imitation des cris d’animaux, qui se déroule pendant le temps de la chasse à l’automne. Fous rires garantis pour les auditeurs qui ont bien du mal à identifier certains cris…

Pour plus d’information sur les gagnants 2010 au concours « Coup de coeur du public », on peut visiter le site très détaillé de cette entreprise familiale dynamique à : www.fermelarosedesvents.com