Nouvelle insolite : Ils échangent leurs moutons pour des arbres

Un programme gouvernemental de plus en plus populaire auprès des éleveurs d’ovins.

07 septembre 2010
par Stéphanie Bujold - Vie Rurale

Reconnue pour recenser plus de moutons que d’humains (un rapport de neuf pour un), la Nouvelle-Zélande pourrait perdre son titre de championne toutes catégories de la production ovine. Depuis 1982, le pays a subi une chute draconienne de son cheptel ovin, qui est passé de 70 millions de bêtes à 40 millions aujourd’hui.

La baisse du prix de la laine, la sécheresse et la concurrence pour les terres avec les industries laitières et du bois accélèrent cette tendance. De plus en plus d’éleveurs ovins néo-zélandais transforment leurs pâturages en boisés, encouragés par un programme du gouvernement qui leur propose de planter des arbres sur leurs terres pour obtenir des crédits de carbone. Un hectare peut rapporter jusqu’à 445 $ canadiens par année. Ainsi, les forêts plantées pour les crédits carbone pourraient atteindre jusqu’à 30 000 hectares par année comparativement à 3500 hectares en 2009.

Ce projet d’échange de droits d’émission de carbone oblige aussi les producteurs d’énergie à dédommager l’État pour leurs émissions de gaz. D’ici 2015, le système intégrera l’agriculture, forçant les agriculteurs à payer pour les émissions de leurs vaches et moutons. Le président de la Fédération des agriculteurs de Nouvelle-Zélande, Don Nicolson, croit qu’il sera impossible pour ses 25 000 membres de supporter de telles charges monétaires. Le groupe dénonce fortement le système.

Jusqu’en décembre 2012, il sera offert aux compagnies de payer une taxe sur les émissions de carbone plafonnée à 25 $ la tonne, ou bien d’acheter des crédits de carbone accumulés par la foresterie. À noter, les entreprises auront seulement besoin de compenser pour la moitié de ce qu’ils produiront.

La Nouvelle-Zélande aurait introduit le programme d’échange de droits d’émission de carbone pour améliorer l’image verte du pays, augmenter les exportations, attirer les touristes et influencer les discussions sur les changements climatiques.

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