Jumelée à un tracteur, la tondeuse Bypass pivote librement sur elle-même pour épouser les contours des arbres et des poteaux. Crédit photos : André Laroche

Jumelée à un tracteur, la tondeuse Bypass pivote librement sur elle-même pour épouser les contours des arbres et des poteaux. Crédit photos : André Laroche

De la machinerie pour les vergers

Martin Ferland se tient toujours à l’affût d’innovations pour mécaniser le travail dans son verger. Il n’est pas peu fier de ses dernières trouvailles : la tondeuse Bypass et une ramasseuse fabriquée sur mesure.

Aller au Verger Ferland fait partie des habitudes de milliers de familles de l’Estrie. Elles profitent des belles journées d’automne pour se rendre au joli village de Compton, situé à 30 minutes de Sherbrooke, pour faire leurs provisions de pommes tout en se promenant dans ce verger de sept hectares.

Le pomiculteur Martin Ferland ajuste la résistance de la tondeuse Bypass selon la hauteur de la végétation de son verger. Crédit photos : André Laroche

Le pomiculteur Martin Ferland ajuste la résistance de la tondeuse Bypass selon la hauteur de la végétation de son verger. Crédit photos : André Laroche

 

Or, depuis quelques années, Martin Ferland doit répondre aux inquiétudes de plus en plus vives de ses habitués à propos de l’utilisation d’herbicides et de pesticides. Lui-même soucieux de diminuer l’emploi de ces produits, il s’est procuré une tondeuse capable de couper les mauvaises herbes dans ses allées et entre ses arbres en un seul passage.

« Elle coûte plus cher que du Roundup, mais j’ai réduit mes coûts d’arrosage et de main-d’œuvre tout en améliorant la qualité de mes pommes. D’un point de vue marketing, c’est aussi une bonne affaire, car je peux rassurer mes clients à propos des herbicides. En fin de compte, j’ai récupéré mon investissement en un an », affirme-t-il.

Imaginée par un machiniste de Windsor, cette tondeuse baptisée Bypass se compose de trois lames rotatives disposées en triangle. Jumelé à un tracteur, cet appareil pivote librement sur lui-même au gré du terrain de manière à tondre l’herbe à moins d’un quart de pouce de chaque obstacle.

Autre avantage de la tondeuse Bypass : elle déchiquette les résidus plutôt que de les projeter dans l’allée. Elle crée ainsi un compost bénéfique pour les arbres, tout en réduisant en poussière les feuilles porteuses de maladies.

Son inventeur, Christian Coutu, l’avait conçue au départ pour l’entretien des accotements de routes bordées de garde-fous. Mais les expérimentations de Martin Ferland lui laissent entrevoir de nombreux débouchés sur tout le marché agricole. « On peut facilement imaginer les bénéfices d’une telle tondeuse pour les producteurs de sapins ou les propriétaires d’écuries lorsqu’ils entretiennent leurs enclos gazonnés », souligne-t-il.

On peut recevoir jusqu’à 5 000 $ en subvention par l’entremise du programme Prime-Vert du ministère québécois de l’Agriculture pour l’achat de cette tondeuse fabriquée au Québec, qui se vend 15 000 $, installation comprise.

Ramasseuse

Aux prises avec un manque de main-d’œuvre, Martin Ferland s’est également intéressé au ramassage mécanisé des pommes au sol. « Ramasser des pommes par terre à la main, c’est une tâche exigeante, reconnaît-il. Place une annonce pour ce job-là et tu ne trouveras pas beaucoup de candidats. »

La ramasseuse de pommes, créée par Martin Ferland, lui permet d’économiser sur les coûts de main-d’œuvre et d’améliorer la qualité de sa récolte. Crédit photos : André Laroche

La ramasseuse de pommes, créée par Martin Ferland, lui permet d’économiser sur les coûts de main-d’œuvre et d’améliorer la qualité de sa récolte. Crédit photos : André Laroche

 

À partir d’un concept vague en tête, le pomiculteur s’est procuré divers morceaux d’appareils disparates par Internet sans trouver la façon de les faire fonctionner ensemble. Il s’est donc présenté à la porte de Conception Duquette, un fabricant de machinerie sur mesure à Waterville, avec ses morceaux de robot et des plans trouvés sur le Web. Il a reçu son engin au bout de quelques semaines.

Encore à l’état de prototype, cette ramasseuse mécanique ressemble vaguement à une petite moissonneuse-batteuse avec ses balais rotatifs à l’avant, son convoyeur sur le côté et sa remorque à l’arrière. Elle fait un bruit d’enfer, mais elle est efficace. Les allées sont propres et les pommes ne souffrent pas de l’opération.


 

Les retombées de l’investissement se calculent rapidement, souligne Martin Ferland. « À moi seul, le soir venu, je ramasse une benne en quatre minutes et demie. En temps normal, il faut compter une heure pour remplir de quatre à cinq bennes. Mais ce n’est pas tout. Les pommes sont assez belles pour être vendues au comptoir plutôt qu’aux chasseurs de chevreuils. Ainsi, leur prix passe de 80 $ à 720 $ la benne. Pour moi qui vends 98 % de ma production en autocueillette, la différence est énorme. La machine se paie en quelques mois », affirme M. Ferland, soulignant au passage que les allées de son verger sont plus propres.

« Des enfants de garderies viennent ici l’automne. Il serait impossible pour eux de marcher dans des allées pleines de pommes. »

Interrogé sur le prix de l’engin, son concepteur Richard Duquette hésite à fournir des chiffres précis. Les coûts de fabrication pourraient varier selon la grosseur désirée et la disponibilité des pièces, mentionne-t-il.