- Des liens surprenants avec les libéraux
- Le gaz de schiste suscite la méfiance des producteurs
- La CPTAQ ne peut refuser un puits à cause d’un risque de pollution
- Deux puits et aucun problème
- Des droits d’exploration sur des millions d’acres
- Présent dans les basses terres du Saint-Laurent
- L’agriculture au centre du débat
- Le BAPE se prononcera sur le gaz de schiste
L’opposition réclame un moratoire
Tout en se disant favorable à l’exploitation du gaz de schiste, l’opposition officielle réclame un moratoire le temps d’en évaluer avec précision les impacts.
Réunis en caucus à Salaberry-de-Valleyfield la semaine dernière, les 51 députés du Parti québécois estiment qu’il est préférable de mettre la pédale douce avec le développement de l’industrie gazière. Porte-parole de sa formation en matière d’agriculture et députée d’Iberville, Marie Bouillé s’inquiète particulièrement des conséquences de l’exploitation du gaz de schiste pour l’agriculture, fustigeant au passage la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau.
« Nous avons notre Sarah Palin québécoise », raille la députée d’Iberville, en faisant référence au désormais célèbre Drill, baby drill de la républicaine qui aspire à la présidence américaine. Marie Bouillé trouve d’ailleurs « inacceptable » que les députés de l’opposition aient été exclus des comités de liaison sur les hydrocarbures. Comme ses collègues, elle réclame la tenue d’une commission parlementaire sur l’indépendance énergétique du Québec ainsi qu’un mandat élargi pour le BAPE.
« Nous sommes d’accord pour exploiter nos ressources, affirme Marie Bouillé. Il faut cependant se demander dans quel contexte et quand le faire. Le gaz naturel ne se vend pas à un prix très élevé présentement. Prenons le temps et regardons le moment le plus propice pour le faire. Il n’y a pas de redevances pour les municipalités. Un moratoire permettra de bien évaluer les choses : éolienne, gaz naturel, tout doit être évalué. Nous avons des éléments très intéressants au Québec. »
Marie Bouillé juge que le milieu agricole, principalement visé par le développement de l’industrie gazière au Québec, est abandonné à lui-même. Elle cite l’exemple d’une ferme de Sainte-Brigide, en Montérégie, où une entreprise gazière voulait obtenir l’accès à trois hectares de terrain. L’exploration gazière nécessitant beaucoup d’eau, l’entreprise désirait aménager un grand stationnement pour les camions-citernes et un bassin de décantation pour l’eau usée. Le projet n’a finalement pas eu de suite.
« M. Caillé (de l’Association pétrolière et gazière du Québec), note la députée d’Iberville, parle d’une cinquantaine de forages par année durant dix ans. Cela commence à faire pas mal de surfaces agricoles où là, on passe à côté d’un consensus dans le milieu, à côté de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Pendant ce temps-là, il y a des demandes à la CPTAQ qui sont refusées, des demandes bien acceptées du milieu et appuyées par l’UPA. »
« Les entreprises concluent des ententes de gré à gré avec les agriculteurs, ajoute Marie Bouillé. Les ententes sont peut-être intéressantes, mais les agriculteurs n’ont aucun comparable. Certains producteurs refusent, mais les compagnies leur font entendre que le sous-sol ne leur appartient pas et qu’elles détiennent un permis valable du gouvernement. »



