L'ACI refait surface
Les Producteurs laitiers du Canada (PLC) vont exercer une vigilance de tous les instants afin de détecter tout impact négatif sur leur production découlant de l'Accord sur le commerce intérieur (ACI), signé en 2009.
Ils veulent aussi se doter d'une gouvernance plus efficace afin de relever les défis actuels et futurs. Ces orientations découlent des débats tenus lors de l'assemblée générale annuelle des PLC, le 4 février dernier, à Ottawa.
"Nous sommes très préoccupés par l'impact de l'ACI sur notre production même si les gouvernements nous disent que la gestion de l'offre ne sera pas affectée", a déclaré à la Terre le président des PLC, Jacques Laforge, le 8 février. M. Laforge s'est demandé ce qu'il va par exemple advenir de la possibilité d'étendre une réglementation sur les standards de composition des yogourts à l'échelle nationale. "Nous craignons que les réglementations ne tombent au plus bas dénominateur commun", a-t-il précisé.
Les administrateurs ont par ailleurs reçu le mandat de proposer des options aux délégués lors de l'assemblée des PLC de juillet 2010 afin d'améliorer le cadre de gouvernance. "Nous avons besoin d'une gouvernance plus efficace au plan national, et décisionnelle, complémentaire au cadre provincial, a souligné M. Laforge. L'harmonisation plus grande des réglementations entraînée par l'ACI et la concentration des transformateurs nous obligent à réagir rapidement aux défis. Or, actuellement, ça prend trop de temps à prendre des décisions."
"L'investissement jusqu'à 10 M$ dans la recherche laitière et la salubrité des aliments annoncé par le ministre Gerry Ritz a renforcé le partenariat entre les producteurs et le gouvernement fédéral, a déclaré M. Laforge. Force est de constater que les relations sont plus tendues avec les transformateurs laitiers dont certains (Saputo et Kraft) ont décidé d'en appeler du jugement de la Cour fédérale au sujet des normes de composition des fromages. Les transformateurs ont participé par ailleurs aux discussions visant la mise en place de la grappe de recherche laitière, mais ils n'y ont pas versé d'argent. Les PLC planchent sur une stratégie pour réduire les surplus structurels de solides non gras, vendus à rabais pour l'alimentation animale, qui grugent leurs revenus. Leur valorisation passe notamment par leur conversion en concentrés protéiques importés en grande partie.
Un exemple
M. Laforge a fait valoir que "le Canada est un exemple mondial de stabilité de l'industrie laitière tant pour les transformateurs que pour les producteurs alors que sévit une crise économique et alimentaire. Le lait ne peut, selon lui, fonctionner avec l'instabilité des prix qui prévaut sur les marchés mondiaux. Il n'est donc pas étonnant que les délégués à l'assemblée générale se réjouissent du piétinement des négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Les textes sur la table obligeraient le Canada à hausser l'accès à ses marchés et à abaisser les tarifs de protection touchant les produits sensibles (lait, volaille, oeufs) évoluant sous gestion de l'offre. Les PLC ont déjà évalué que ces dispositions entraîneraient des pertes d'un milliard de dollars pour les producteurs laitiers du Canada.
Les PLC ont adopté une résolution exigeant plus de cohérence des pays signataires d'accords internationaux. "Ils signent des accords commerciaux, comme celui de l'OMC, qui vont souvent à l'encontre de traités portant sur les droits fondamentaux comme le droit à l'alimentation, qu'ils ont aussi ratifiés", a expliqué M. Laforge.
Tel que publié dans La Terre de chez nous du 11 février 2010.



