La politique agricole adoptée au printemps 2011
Dans une entrevue à La Presse, le ministre de l’Agriculture du Québec a précisé les étapes à venir avant l’adoption de la première politique agricole qui devrait être entérinée au printemps 2011.
Le ministre entend d’abord publier un livre vert cet automne « pour tester un certain nombre de choses ». Des consultations suivront jusqu’à la fin de l’hiver et le projet de loi serait déposé au printemps. M. Béchard espère que le tout sera ensuite adopté avant l’été 2011.
Dans son entrevue, le ministre se fait rassurant quant aux régions et aux productions qui nécessitent davantage de soutien de l’État. Il justifie les différents programmes d’aide destinés aux agriculteurs. « On a un immense territoire au Québec. Il faut l’occuper et y vivre. Ça implique des risques et des coûts financiers. Il faut aussi reconnaître que faire de l’agriculture en Gaspésie, dans le nord du Lac-Saint-Jean ou en Abitibi plutôt qu’autour de Saint-Hyacinthe et sur les belles terres du Québec, ça entraîne des coûts différents », a expliqué le ministre Béchard. Ce dernier a même parlé de « fierté nationale » pour justifier la volonté de « préserver » l’agriculture.
Interrogé sur certaines productions recevant un soutien d’assurance chaque année, le ministre a parlé des « mesures de transition » pour passer à d’autres productions, mais en réitérant la nécessité d’occuper le territoire. Par exemple, la production d’agneau, dont le volume augmente malgré des pertes récurrentes, serait préservée. « On veut garder ce type de production à certains endroits, même si on sait qu’il y aura des difficultés financières », indique M. Béchard.
Le ministre de l’Agriculture ne se prononce pas sur l’autosuffisance comme objectif de la prochaine politique agricole. Il parle plutôt de la nécessité d’exporter au Canada et aux États-Unis en misant sur une « marque québécoise ». M. Béchard s’interroge sur les raisons qui font qu’on « ne perce pas plus que ça » sur le marché américain de 300 millions de personnes.




