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S'abonner maintenantÀ la veille d’une première politique bioalimentaire, les décideurs agricoles du Québec ne sont pas sur la même longueur d’onde quand il est question du modèle de ferme à privilégier au Québec.
Le dernier congrès de l’Ordre des agronomes du Québec a notamment donné lieu à un débat passionné sur le modèle d’agriculture, une discussion qui a réuni le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), le président de La Coop fédérée, le sous-ministre au ministère de l’Agriculture (MAPAQ) et la présidente du Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation (CTAC).
Christian Lacasse, président de l’UPA, a réitéré la volonté des producteurs de favoriser un modèle d’agriculture familiale. « Ce modèle est de plus en plus pressuré », a soutenu le président, qui ajoute que le Québec va devoir faire des choix afin de préserver ses fermes moyennes, c’est-à-dire qui disposent d’actifs suffisants pour permettre de vivre de l’agriculture avec des « prix équitables ».
« Je ne suis pas tellement favorable à l’idée de définir un modèle d’entreprise agricole », a commenté le sous-ministre Norman Johnston. Ce dernier considère que le phénomène de consolidation des fermes est « normal » et que plusieurs niveaux d’agriculture peuvent se développer en même temps. Le Québec bénéficie néanmoins d’un taux de diminution du nombre de fermes qui représente « la moitié de celui du reste du Canada ». Le sous-ministre a de plus affirmé que « le secteur agricole va bien dans son ensemble », en se basant sur les revenus nets de 1 G$ en 2010, tout en admettant que quelques secteurs sont en difficulté.
« C’est la population qui décide du modèle », a lancé pour sa part Denis Richard, président de La Coop fédérée, qui a cité un exemple anglais où une coopérative a décidé d’acheter des terres et de produire autrement après la crise de la vache folle. Pour le président de La Coop, l’agriculture québécoise est « dans une période de transition » qui se dirige vers un modèle où le producteur doit travailler dans une perspective de développement durable. « Il faut que le consommateur paie pour ce qu’il demande », insiste cependant le président Richard.
Danielle Bergeron, présidente du CTAC, a pour sa part affirmé que différents niveaux d’agriculture peuvent se développer dans la province, même si le Québec possède peu de « mégafermes ».
