Séduire les Sud-Coréens
À la différence de son voisin le Japon, le sirop d’érable est peu connu en Corée du Sud, et même s’il se trouve sur les rayons, il s’écoule très peu et lentement.
Quand Tchane Kim, marchandiseur en chef de l’équipe des aliments transformés de la chaîne d’hypermarchés Lotté Mart (115 magasins), a dit à une collègue qu’il allait accorder une entrevue à un journaliste au sujet du sirop d’érable, elle fut très surprise. En effet, à la différence de son voisin le Japon, le sirop d’érable est peu connu en Corée du Sud, et même s’il se trouve sur les rayons, il s’écoule très peu et lentement. Ce n’est que du sirop en petit flacon; pas du beurre ou du sucre d’érable, encore moins des produits aromatisés à l’érable tels que les biscuits, céréales ou barres énergétiques. « Certains consommateurs font de tels produits à la maison », a affirmé M. Kim.
Un coup d’oeil au rayon de la succursale où M. Kim a son bureau permet de constater le peu de place qu’occupe ici le sirop d’érable. Du sirop Nº 1 Medium uniquement, vendu en trois grandeurs: 500 ml à 24 700 wons (21,58 $), 250 ml à 14 500 wons (12,67 $), et 125 ml à 9200 wons (8,03 $). « Nous avons déjà eu du sirop de qualité Clair à 4900 wons (4,28 $) pour 50 ml, mais l’avons retiré parce qu’il ne se vendait pas », a raconté M. Kim. Chez EMart, avec ses 127 succursales la classant comme la plus grande chaîne d’hypermarchés au pays, c’est bien pire : entre le sirop d’agave et le sirop de chocolat, il n’y a qu’une rangée de sirop d’érable de marque Turkey Hill, des bouteilles de 250 ml vendues 12 000 wons (10,49 $). « E-Mart a lancé, il y a deux ans, les ventes de sirop d’érable, résultant en un chiffre d’affaires annuel de 50 millions de wons (43 704 $) », a déclaré M. Yong-Houne Tchô, assistant-gérant au département des condiments et des produits à longue durée de la chaîne.
« La Corée du Sud est le 10e plus important marché pour le sirop d’érable canadien, dont les exportations ici se sont chiffrées à 2 millions de dollars l’an dernier », dit Ok-Tchine Tchô, déléguée commerciale à l’ambassade du Canada à Séoul. « Le problème, c’est qu’il n’y a pas de recettes utilisant du sirop d’érable dans la cuisine coréenne », a-t-elle déploré. Faire pénétrer le sirop d’érable et d’autres produits canadiens dans la cuisine du pays est justement une des missions que se donne l’équipe de Richard Ulrich, délégué commercial et conseiller pour l’agriculture et l’alimentation à l’ambassade canadienne. « Nous voulons développer des recettes et informer les consommateur sur la façon d’utiliser ces produits afin de rehausser leur propre cuisine », a assuré M. Ulrich.
Pour lire notre dossier complet sur la Corée du Sud, consultez le texte sur la Faible demande pour le porc en cliquant ici.




