Bois d’œuvre : les États-Unis rechignent
Le gouvernement américain évalue une plainte de producteurs de bois du pays qui prétendent que le Canada ne respecte pas l’accord de 2006 entre les deux pays.
La décision du représentant américain au Commerce, Ron Kirk, est attendue au début du mois de septembre, mais les États-Unis font des calculs et des observations depuis des mois sur le marché du bois d’œuvre.
La situation difficile du marché immobilier américain n’est sans doute pas étrangère à ce regain de protectionnisme. Le sénateur du Montana, Max Baucus, qui est président du comité des finances du Sénat, appuie de nouveau la cause des producteurs de bois américains. « Notre accord sur le bois d’ouvre contient une série de règles afin de s’assurer d’une compétition équitable, mais malheureusement le Canada ne respecte pas ses obligations », a déclaré M. Baucus à l’AFP le 18 août. La Colombie-Britannique est particulièrement visée pour avoir vendu du bois à prix de dumping. La sénatrice du Maine, Olympia Snow, souhaite également que la Colombie-Britannique soit réprimandée pour ses exportations à bas prix. Le ministre de la Foresterie de cette province, Pat Bell, a toutefois répliqué à ces attaques en disant que la coalition américaine pour le bois d’œuvre réagissait ainsi à chaque baisse de prix du bois et que les accusations américaines étaient sans fondement.
Rappelons que le Québec paie encore pour quelques mois des droits de 10 % sur ses exportations de bois aux États-Unis. Les exportations de bois du Québec, du Manitoba, de l’Ontario et de la Saskatchewan se sont fait imposer ce tarif l’an passé après que l’industrie américaine eut reproché au Canada de ne pas respecter l’accord de 2006, notamment sur la question des quotas.
Les États-Unis étudient également un cas de subventions jugées déloyales de la part de la Chine pour son industrie du papier.
Inquiétude canadienne
AbitibiBowater se dit inquiète de la baisse de 10 % des ventes de maisons aux États-Unis, qui sont évaluées à moins de 600 000 au total pour l’année. AbitibiBowater a donc déclaré à la Presse canadienne que la reprise actuelle du marché pourrait s’estomper dans les mois à venir lorsque les inventaires seront comblés. En fait, les ventes de maison aux États-Unis sont descendues à leur plus bas niveau depuis près de 50 ans au mois de juillet dernier. Tembec estime de son côté que la reprise ne se fera véritablement sentir qu’au milieu de 2011.




