Tel que publié dans La Terre de chez nous

Deux puits et aucun problème

Magella Ghielen est producteur laitier et de grandes cultures. Au printemps 2006, un jeune homme de la compagnie Junex, spécialisée dans l’exploitation de gisement gazier, est venu cogner à sa porte pour lui dire qu’il avait gagné le gros lot. En fait, il n’avait pas gagné à la loto, mais il lui apprenait que sa terre est située juste au-dessus d’une nappe de gaz de schiste.

07 septembre 2010
par Julie Roy - Environnement

« Je savais ce qu’était le gaz de schiste à ce moment parce que j’avais vu des reportages à la télévision. On avait vu aussi des camions effectuer de la reconnaissance magnétique pour voir si le sous-sol contenait du gaz. Donc, quand on est venu frapper à ma porte, je n’étais pas surpris », mentionne le producteur. Il n’a pas hésité à louer une partie de sa terre à cette compagnie pour qu’elle effectue de l’exploration. « Je crois que si le sous-sol contient une telle richesse, pourquoi ne pas l’exploiter », dit-il.

Junex a foré un puits de 800 mètres avec un tuyau de six pouces. Il a fallu trois mois avant que le tout soit complété, mais jamais M. Ghielen ne s’est dit embêté par le va-et-vient de la machinerie. « La compagnie a été très respectueuse. Les employés ont créé des buttes de terre pour camoufler les bruits. Ils ont même créé des bassins de décantation pour traiter l’eau qui était utilisée lors du forage. Tout a été fait dans les règles de l’art. »

Une fois le puits terminé, des tests ont eu lieu durant près de trois mois afin de connaître la capacité de cet emplacement. Les flammes de 20 pieds, M. Ghielen en a effectivement aperçu, mais encore là pour lui rien de bien dérangeant. « Il fallait attendre la nuit pour les voir et ça ne faisait pas vraiment de bruit », mentionne le producteur.

Compte tenu des résultats qui ont confirmé le bon potentiel de cet emplacement, une autre compagnie, Canadian Forest Oil, est venue, elle aussi, cogner à la porte de M. Ghielen.

« Ces gens sont venus au printemps 2008 et ils ont creusé un second puits, celui-là de 18 pouces sur une profondeur de 1500 mètres. »

D’ailleurs, M. Ghielen ne souhaite pas voir ces deux puits rester dix ans sur ses terres si rien ne se passe, car même si la compensation offerte pas ces compagnies pour la location est plus rentable que s’il cultivait cette terre, M. Ghielen mentionne qu’il est avant tout un producteur agricole et qu’il veut continuer à cultiver.