Quels impacts auront les changements climatiques sur l'agriculture ?

Si, comme le prévoit la FAO, les changements climatiques se traduisent par un déclin de 9 à 21 % de la productivité agricole potentielle des pays en développement, il est possible que l'environnement concurrentiel devienne plus favorable pour le Québec.

30 août 2010
par Geoffroy Ménard - Environnement

C’est du moins ce que révèle la recherche sur les changements climatiques. Celle-ci permet de projeter quelques-unes des opportunités et des contraintes auxquelles les humains devront faire.

Ouranos, un consortium de recherche sur la climatologie régionale et l'adaptation aux changements climatiques a été créé en 2001, il regroupe des chercheurs de plusieurs institutions œuvrant dans différents domaines complémentaires. Son dernier ouvrage de vulgarisation sur l'adaptation aux changements climatiques, qui consacre plusieurs pages à l'agriculture, peut donner au monde agricole une idée de ce à quoi il peut s'attendre.

On a déjà pu observer une augmentation statistiquement significative du cumul de chaleur pendant la saison de croissance depuis 1960. La saison serait ainsi devenue plus favorable à la majorité des cultures. Par contre, les conditions climatiques deviennent également plus favorables aux ennemis des cultures (comme les agents pathogènes et les insectes), ainsi qu'à l'érosion des sols.

L'augmentation de la concentration atmosphérique du CO2 peut également contribuer à une augmentation des rendements. « L'effet net [de ces changements] dépendra des interactions complexes et parfois imprévisibles de tous ces facteurs », peut-on lire dans le rapport.

Différentes conséquences

La culture des plantes profitant des saisons de croissance longues et chaudes, comme le maïs et le soja, pourrait s'étendre dans de nouvelles régions. Les rendements des petites céréales seraient cependant moins favorisés.

Le nombre annuel de récoltes des plantes fourragères pourrait augmenter mais la qualité nutritive de celles-ci pourra diminuer. Par contre, les risques de mortalité en hiver pourraient augmenter avec des automnes plus chauds, une moindre couverture de neige et plus de pluies hivernales.

Les productions horticoles pourraient connaître un risque accru de stress hydrique et thermique, dus à une plus forte évapotranspiration et aux changements radicaux et rapides des températures. Une gestion de l'eau plus intensive deviendra de mise.

Quant aux productions animales, elles peuvent surtout être affectées par d'éventuelles vagues de chaleur plus importantes. Cependant, les conditions hivernales plus favorables pourraient favoriser un meilleur gain de poids chez les bovins élevés en plein air, ainsi qu'une réduction des besoins en chauffage des établissements d'élevage.

Une autre opportunité créée par un allongement de la saison de croissance pourrait favoriser l'établissement de cultures de couverture à l'automne, après la récolte principale, qui préviennent l'érosion et le lessivage des nutriments.