Une menace plane sur les chevaux
L’éclosion de foyers d’encéphalomyélite équine de l’Est (EEE), une maladie neurologique mortelle qui attaque les chevaux, force les propriétaires équins à être vigilants et à déclarer tout animal suspect.
Après plus de 35 ans d’absence, le virus de l’EEE a refait surface en 2008. Cette année, le MAPAQ a déjà reçu une vingtaine de signalements. Les analyses ont permis de confirmer l’infection chez huit animaux provenant tous de la région de Lanaudière. Aucun n’était vacciné contre l’EEE. La maladie s’attaque également aux émeus.
En 2009, 10 cas ont été diagnostiqués chez des chevaux en Montérégie et dans Lanaudière, selon le Réseau d’alerte et d’information zoosanitaire (RAIZO). Tous les chevaux atteints n’étaient pas vaccinés contre la maladie. Les oiseaux constituent le réservoir du virus de l’EEE, qui se propage à la suite d’une piqûre d’insecte. « Ce sont les maringouins qui sont les grands coupables. Ils vont attraper le virus et le propager », explique la docteure Chantal Vincent, médecin vétérinaire au ministère de l’Agriculture du Québec (MAPAQ). L’EEE débute par une poussée de fièvre. « Quelques jours après, le cheval développe des signes nerveux », décrit Dre Vincent. Les bêtes présentent souvent un état de prostration, des comportements anormaux, un manque de coordination et une démarche chambranlante. « Ils marchent comme s’ils étaient saouls. La majorité décède en 24 à 48 heures. C’est fulgurant », spécifie la vétérinaire.
La vaccination au printemps constitue la meilleure façon de prévenir la maladie. « On peut encore vacciner, mais la protection n’est complète qu’après un mois. Ça peut quand même protéger, mais ce n’est pas l’idéal », observe Dre Vincent. Les premières gelées soutenues devraient mettre fin à la menace.
Le ministère conseille aussi aux propriétaires de chevaux d’assécher les plans d’eau stagnante, d’équiper leurs bâtiments de moustiquaires, d’appliquer de l’insectifuge et de garder les animaux à l’intérieur à l’aube et au crépuscule, périodes qui correspondent au pic d’activité des maringouins. D’autre part, le MAPAQ demande aux gens de rapporter à un vétérinaire tout cas de cheval présentant des signes nerveux. De plus, le ministère supportera les coûts liés au dépistage de l’EEE.
Émeus et humains
La maladie s’attaque également aux émeus. Dans Lanaudière, l’éleveur Jean Apreo a perdu des oiseaux chaque année depuis trois ans. « En 2008, j’avais tout perdu et en 2009, j’ai perdu six oiseaux sur dix », affirme le producteur dont six émeus sont décédés il y a moins d’une semaine. Après trois ans à se battre contre le virus, M. Apreo a décidé de laisser tomber l’élevage. « Après trois ans consécutifs, on arrête », confie-t-il.
Bien que rare, l’EEE peut se propager chez l’humain à la suite d’une piqûre de moustique infecté. « La maladie ne se transmet pas d’une personne à une autre », rassure toutefois l’Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière. Les symptômes sont variables, pouvant aller d’une fièvre de courte durée, de maux de tête, de conjonctivite et de douleur musculaire jusqu’à une fièvre élevée, une douleur au cou, une altération de l’état de conscience, un coma, des tremblements, des convulsions et de la paralysie. Au Québec, aucun cas humain d’EEE n’a été signalé depuis que cette maladie est à déclaration obligatoire, soit depuis 2003.



