Faible demande pour le porc
Pour le bureau sud-coréen de l’exportateur de produits du porc de Saint-Hyacinthe Olymel, les affaires sont comme une montagne russe.
« C’est un marché très fluctuant, surtout ces temps-ci avec la crise économique mondiale », a déclaré un cadre du bureau, qui a demandé l’anonymat.
La compagnie envoie environ 50 % de toutes les importations de porc canadien en Corée du Sud, y détient les trois quarts du marché du porc frais canadien, 7 ou 8 % de toutes les importations de porc, et moins de 1 % du marché total du porc. Les affaires de la compagnie dans ce pays sont réparties à 60 % en porc congelé et à 40 % en porc frais. Le produit frais ne compte que pour 5 à 6 % du total des importations de porc, a expliqué le cadre.
Tandis que les exportateurs européens vendent presque uniquement du porc congelé en Corée, la proximité géographique permet à leurs compétiteurs canadiens d’expédier aussi du produit frais. « Cela ne prend que de 10 à 12 jours pour faire venir la marchandise à partir de Vancouver, alors qu’en partant de l’Europe, il faut compter presque un mois », a fait voir le cadre. Mis à part les abats et les os, Olymel a expédié en Corée environ 20 000 tonnes de viande de porc ces deux dernières années, mais il projette d’expédier seulement 16 000 tonnes cette année. « La demande a nettement baissé », a dit le cadre.
Les statistiques de l’Association coréenne du marché de l’importation confirment ces dires. Les chiffres montrent que de janvier à juin, les importations totales, ainsi que celles venant du Canada, n’ont augmenté que de façon négligeable par rapport à la même période l’an dernier, alors que le porc des États-Unis a chuté de 11 %. Le volume total des importations a grimpé presque imperceptiblement de 0,3 %, passant de 149 422 tonnes à 149 983 tonnes. L’augmentation de celles du Canada est presque aussi modeste à 1,4 %, passant de 29 309 tonnes à 29 711 tonnes. Pour leur part, les produits en provenance des États-Unis ont glissé, passant de 47 280 tonnes à 42 025 tonnes.
Une piètre performance, considérant que les importations totales de boeuf ont augmenté de 21 %. Selon le cadre d’Olymel, c’est en faveur du poulet que le porc a perdu la cote sur le marché coréen. La partie du porc canadien la plus prisée en Corée est la palette désossée, tandis que pour le produit local, c’est le flanc avec les côtes désossées individuellement qui est le préféré des consommateurs. Le prix de gros au kilo de cette dernière coupe est de 12 000 wons (10,40 $) pour le produit coréen, tandis que celui d’Olymel ne se vend que de 7000 à 8000 wons (6,07 $ à 6,94 $). La préférence des consommateurs pour les produits locaux est très forte, a expliqué le cadre d’Olymel. La compagnie projette d’accroître sa part de marché du porc frais et de lancer des produits tels que les saucisses. Le marché est présentement fermé aux produits de volailles canadiens à cause de la fièvre aviaire, mais Olymel attend la réouverture pour exporter aussi du poulet canadien en Corée.




