L’équipe de chercheurs de l’INAF, dont fait partie le professeur Yves Desjardins, peut démontrer que les polyphénols des fraises et des canneberges améliorent la sensibilité à l’insuline chez des individus à risque de développer le diabète de type 2.

L’équipe de chercheurs de l’INAF, dont fait partie le professeur Yves Desjardins, peut démontrer que les polyphénols des fraises et des canneberges améliorent la sensibilité à l’insuline chez des individus à risque de développer le diabète de type 2.

Réduire l’incidence de maladies chroniques grâce aux petits fruits

Alors que les récoltes des fraises d’automne et des canneberges battent leur plein dans plusieurs régions du Québec et que les producteurs s’affairent à offrir aux consommateurs des produits de qualité, les recherches sur les propriétés bénéfiques de ces petits fruits ne cessent de nous étonner.

De récentes études réalisées par notre équipe de chercheurs de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) ont démontré que les polyphénols des fraises et des canneberges avaient un effet sur l’amélioration de la sensibilité à l’insuline chez des individus à risque de développer le diabète de type 2.

Le professeur Yves Desjardins. Crédit photo : FSAA

Le professeur Yves Desjardins. Crédit photo : FSAA

Des résultats sans équivoque

Une étude, réalisée sur des individus présentant des symptômes du syndrome métabolique, montre sans équivoque que la consommation de 300 mg/jour de polyphénols de fraise et de canneberge, soit l’équivalent d’environ 250 g de fruits chaque jour durant six semaines, augmente de manière significative la sensibilité à l’insuline. De plus, nous avons mesuré une augmentation remarquable de la séquestration de glucose dans les organes périphériques de près 21 %. Les volontaires ayant consommé l’extrait de fruits produisaient, à court terme, moins d’insuline après avoir consommé du sucre.

Ces résultats spectaculaires démontrent que la consommation journalière de petits fruits contribue à contrôler efficacement la glycémie chez les personnes à risque et équivaut presque à un traitement pharmaceutique. Les polyphénols ont également des effets sur la prévention des maladies cardiométaboliques et neurodégénératives ainsi que sur l’obésité, les infections buccales et le cancer, entre autres.

On pense que les bienfaits de ces molécules sur la santé découlent de leur effet prébiotique sur le microbiote intestinal et la stimulation de bactéries bénéfiques dans l’intestin. Nous concentrons présentement nos recherches sur une bactérie très intéressante qui s’appelle Akkermansia muciniphila; elle se trouve en assez grande proportion (4 %) chez les individus maigres et en santé et elle est absente chez les personnes obèses. Il est intéressant de constater qu’il est possible de favoriser la prolifération et la colonisation de cette bactérie par la consommation régulière de polyphénols de petits fruits.

Tout porte à croire que les effets bénéfiques sur la santé démontrés dans cette étude se traduiront par une augmentation de la consommation des petits fruits, au plus grand bonheur des producteurs!

Polyphénols

Les polyphénols constituent une famille de molécules organiques largement présente dans le règne végétal. Leur rôle d’antioxydants naturels suscite de plus en plus d’intérêt pour la prévention et le traitement du cancer, des maladies inflammatoires, cardiovasculaires et neurodégénératives. Ils sont également utilisés comme additifs pour les industries agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique.

Yves Desjardins, Ph.D., Ag., Professeur titulaire au Département de phytologie