L’emploi d’un pesticide approprié à la situation et appliqué au moment opportun est possible grâce au dépistage des ravageurs. Crédit photo : Ordre des agronomes du Québec

L’emploi d’un pesticide approprié à la situation et appliqué au moment opportun est possible grâce au dépistage des ravageurs. Crédit photo : Ordre des agronomes du Québec

L’importance du dépistage des ravageurs

Le dépistage est devenu un élément majeur de la lutte intégrée. Grâce à lui, les interventions phytosanitaires peuvent être faites en fonction des ravageurs qui sont présents au champ et non seulement en suivant une date au calendrier.

Exigences gouvernementales

Dans la foulée des modifications prévues par la Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), comprenant entre autres l’exigence d’une recommandation d’un agronome pour l’utilisation des pesticides les plus à risque pour la santé et l’environnement, le dépistage permettra plus que jamais au monde agricole de se conformer à ces nouvelles exigences.

Les producteurs membres d’un club auront accès aux services d’un agronome qui pourra les guider en ce qui a trait aux exigences gouvernementales. Ce service de suivi les aidera à bonifier l’historique de leurs champs, un atout majeur pour justifier l’utilisation de certains pesticides. En tant que professionnel, l’agronome aura en tête l’atteinte des objectifs de l’entreprise autant que la protection de la santé humaine et de l’environnement.

L’établissement de seuils de traitement pour chaque ravageur, selon la culture, est une condition incontournable pour mener au succès du dépistage. Ces seuils sont déterminés, après validation sur plusieurs années, en fonction d’observations et de prises de données sur le terrain. Il en découle un bénéfice économique et environnemental pour l’entreprise agricole et la société.

Changements climatiques = nouveaux seuils

L’arrivée de nouveaux ravageurs et la modification des comportements relativement aux changements climatiques nous obligent à établir d’autres seuils ou à adapter ceux déjà en place à nos conditions de culture québécoises. Le dépistage revêt encore plus d’importance dans ces cas-là, puisqu’un suivi régulier doit être effectué afin d’intervenir au bon moment s’il y a lieu.

Des subventions gouvernementales sont offertes aux exploitations agricoles qui désirent avoir recours à des services de dépistage et aux conseils d’un agronome indépendant.

Si aucune activité de dépistage n’est réalisée présentement au sein de votre entreprise ou s’il vous est impossible de faire dépister plusieurs cultures, choisissez parmi vos cultures actuelles celles qui nécessitent des applications fréquentes de pesticides en raison de la présence récurrente de ravageurs. Ainsi, vous aurez accès à des données précises pour vos champs et vous épandrez des pesticides seulement si la situation l’exige, au moment approprié pour que cela soit fait de la façon la plus efficace possible.

Un peu d’histoire

L’avènement des pesticides a révolutionné l’agriculture. La productivité des entreprises a progressé à un rythme soutenu au cours du 20e siècle et les rendements des cultures ont atteint des niveaux jusque-là inégalés. L’emploi des pesticides selon un calendrier d’intervention, et non en fonction de la situation qui prévalait aux champs, était donc pratique courante. La fondation de clubs d’encadrement technique (CET) dans les années 1980, suivie de celle des clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE) une dizaine d’années plus tard, a permis aux producteurs d’avoir recours à l’expertise d’agronomes indépendants pour dépister leurs champs.

Catherine Thireau, agronome, Consortium PRISME