L’étudiante Stéphanie Lavergne et le technicien Francis Gagnon effectuent un essai de cultures de couverture à la Ferme M. Frappier & Fils inc., une entreprise de grandes cultures biologiques située à Saint-Barthélemy, dans Lanaudière. Crédit photo : FSAA

L’étudiante Stéphanie Lavergne et le technicien Francis Gagnon effectuent un essai de cultures de couverture à la Ferme M. Frappier & Fils inc., une entreprise de grandes cultures biologiques située à Saint-Barthélemy, dans Lanaudière. Crédit photo : FSAA

Intérêt grandissant pour la production bio

L’agriculture biologique a le vent dans les voiles au Québec! Notre belle province est le leader canadien en matière de pourcentage d’entreprises certifiées bio avec un peu plus de 4 %.

Malgré cela, ce genre de production ne suffit pas à répondre à la demande grandissante à l’égard des produits biologiques, qui augmente de 16 % chaque année au pays. Comment rendre la transition biologique plus attrayante pour les agriculteurs?

Soutien financier

Depuis la mise en place de la Stratégie de croissance du secteur biologique par le ministère québécois de l’Agriculture en 2015, un nombre grandissant d’entreprises se lancent dans le bio. La Stratégie, qui comprend une série de mesures d’aide financière pour faciliter la transition vers le biologique, connaît un tel succès qu’elle a été prolongée jusqu’en 2022. Ce genre d’agriculture, qui avait séduit ceux qui étaient particulièrement innovateurs et qui priorisaient les valeurs environnementales, attire maintenant un plus large éventail de producteurs des quatre coins du Québec.

Le soutien financier accordé par le gouvernement permet de réduire le risque lié à la transition. Par exemple, l’une des mesures de la Stratégie prévoit le remboursement à hauteur de 85 % des frais associés aux services-conseils techniques, économiques et agroenvironnementaux. Il n’y a donc pas de raison de ne pas faire appel à un agroéconomiste, à un technicien ou à un agronome pour obtenir du soutien. La Stratégie offre aussi un programme qui octroie une aide financière pour la modification ou la construction d’installations d’élevage afin d’être en mesure de répondre aux normes biologiques canadiennes.

Les défis agronomiques

Cependant, les défis agronomiques de la transition vers le biologique, tels que répression de plantes adventices, contrôle des organismes nuisibles, amélioration de la fertilité du sol restent nombreux. Ce genre de production exige souvent le développement de nouveaux savoir-faire, par exemple la maîtrise des outils de désherbage mécanique ou la connaissance des principes de lutte biologique.

Les services-conseils et la recherche appliquée en agriculture bio permettent d’aider les producteurs à relever ces défis. Le renforcement de l’offre de services-conseils spécialisés dans cette sphère d’activité est d’ailleurs jugé comme l’une des cinq priorités du secteur bio déterminées par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) pour 2017-2022.

Plusieurs travaux de recherche sont menés par l’Université Laval et d’autres organismes québécois pour permettre aux agriculteurs de mieux relever les nombreux défis de la production bio, afin que leur exploitation puisse continuer d’être des innovante et résiliente.

Retour sur les bancs d’école

L’apprentissage des rudiments de la production biologique nécessite parfois un retour sur les bancs d’école ou un mentorat par un producteur expérimenté. L’Université Laval contribue à cette formation en offrant, entre autres, un microprogramme en agriculture biologique comprenant quatre cours à distance, ainsi que l’accès à une école d’été en agroécologie.

Caroline Halde, Ph. D., Professeure au Département de phytologie