Faudrait-il remplacer la fléole des prés?

Dans un avenir proche, on prévoit des changements climatiques qui vont causer une augmentation de la température et du déficit hydrique en été.

La productivité et la persistance des espèces fourragères sujettes à la sécheresse, comme la fléole des prés, notre principale graminée au Québec, pourraient en souffrir. Nous avons donc établi un projet financé par le Fonds de recherche – Nature et technologies, Novalait et le ministère québécois de l’Agriculture, qui vise à évaluer six associations binaires de graminées et de luzerne dans trois sites contrastés au Québec, soit à Sainte-Anne-de-Bellevue, à Saint-Augustin-de-Desmaures et à Normandin, dans le but de trouver une solution de remplacement à la fléole des prés.

Un projet, six mélanges et deux régies

Six mélanges binaires de luzerne (cv. Calypso) associés soit avec la fléole des prés (cv. AC alliance), la fétuque élevée (cv. Carnival), la fétuque des prés (semences communes), le ray-grass vivace (cv. Remington), le festulolium (cv. Spring Green) ou le brome des prés (cv. Fleet) ont été semés en 2014. En 2015 et en 2016, plusieurs récoltes ont été effectuées à deux stades de développement de la luzerne, soit au stade début boutons ou début floraison, lors desquelles nous avons mesuré le rendement, la contribution des espèces à celui-ci et plusieurs attributs de valeur nutritive.

Plusieurs options possibles

Le mélange luzerne-fléole des prés a encore relativement bien performé à travers le Québec. La fétuque élevée, la fétuque des prés et le brome des prés en mélange binaire avec la luzerne seraient toutefois des solutions de rechange intéressantes à la fléole des prés puisqu’ils ont eu des rendements saisonniers et une valeur nutritive comparables; la proportion de graminées dans les mélanges est demeurée adéquate au cours des deux premières années de production. Étant donné leur sensibilité aux conditions hivernales extrêmes, les cultivars étudiés de festulolium et de ray-grass vivace ont eu une performance inférieure aux autres graminées. Ils ne semblent donc pas être des solutions de remplacement intéressantes à la fléole des prés au Québec.

Une troisième année d’étude et une évaluation plus complète des résultats nous permettront d’établir avec plus de certitude le potentiel de ces graminées sous notre climat actuel.

Florence Pomerleau-Lacasse et Philippe Seguin, Université McGill
Gaëtan Tremblay, Gilles Bélanger et Julie Lajeunesse, Agriculture et Agroalimentaire Canada
Édith Charbonneau, Université Laval