Récolte de foin record en Montérégie

Alors que l’humidité importante en Montérégie et pour une partie du Centre-du-Québec a été néfaste pour le blé, la récolte de foin s’avère exceptionnelle tant du point de vue de la quantité que de la qualité.

31 août 2010
par Thierry Larivière - Cultures

« C’est du jamais vu une quatrième coupe au mois d’août », lance Germain Lefebvre, président du Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF), en parlant des luzernières du sud-ouest de la province que l’on fauche pour une quatrième fois ces jours-ci. Le rendement en Montérégie atteint souvent pas moins de dix tonnes de matières sèches à l’hectare. La qualité est également au rendez-vous avec des analyses qui indiquent régulièrement de 18 à 20 % de protéines et environ 32 % d’ADF qui mesure le taux de fibres dans le foin.

« Il y a une grande variabilité de la pluviométrie cette année au Québec », indique M. Lefebvre, qui explique ainsi des « écarts considérables » entre les régions. Une région qui s’étend en forme de demi-cercle passant de l’Abitibi au Saguenay—Lac-Saint-Jean et un peu à l’est de Québec a connu un temps très sec à tel point que les récoltes de foin sont grandement diminuées. La zone entre Québec et Montmagny a connu un été particulièrement sec et le rendement sera inférieur à la moyenne de cinq tonnes de matières sèches à l’hectare. Quelques secteurs dans les Cantons de l’Est ont, au contraire, reçu des pluies trop importantes à certains moments.

Pour les prairies de graminées, la troisième coupe s’en vient dans les régions centrales, alors que la deuxième coupe s’est pratiquement terminée dans les régions plus à l’est ou au nord. En date du 24 août, La Financière agricole du Québec estimait que 50 % à 90 % de la deuxième coupe était terminée, sauf dans les régions plus sèches. 

Les luzernières profitent mieux de la situation que les prairies de graminées tant dans les régions centrales, où les rendements sont exceptionnels, que dans les secteurs plus secs, où la luzerne a souvent mieux résisté que les graminées.

Récolte de blé désastreuse en Montérégie

Pour une troisième année de suite, la récolte de blé de Montérégie est compromise par d’importants problèmes de qualité, alors que le reste du Québec s’en tire bien. Le problème des toxines dans le blé destiné à la consommation humaine entraîne le déclassement d’une majeure partie des chargements de la région la plus productrice de blé au Québec. La récolte s’annonçait pourtant bien et avait commencé de façon très hâtive.

Un des deux plus gros centres de grains dans le secteur du blé pour consommation humaine, Comax-Célubec, estime que les producteurs ont obtenu un rendement d’environ 1,4 tonne à l’acre, mais quelque 90 % du blé ne répondait pas aux critères de classement. Rappelons que le blé doit contenir moins de 2 ppm de toxines pour être acceptable dans l’alimentation humaine. « Ça devient décourageant pour les producteurs », affirme Richard Villeneuve, qui constate aussi que le problème semble vraiment régional puisque les autres parties du Québec s’en tirent beaucoup mieux pour le classement. « La qualité est mauvaise en Montérégie alors que peu de blé déclasse ailleurs », confirme Ramzy Yelda, directeur de l’agence de vente du blé de consommation humaine de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ).

Les causes de cet échec demeurent incertaines, mais plusieurs facteurs sont évoqués. « Il y avait beaucoup d’humidité, mais on est loin d’avoir eu des conditions catastrophiques », indique Richard Villeneuve, qui pense que la filière du blé de consommation humaine devra se pencher sur les méthodes à privilégier pour la culture du blé.

Selon Ramzy Yelda, différents facteurs peuvent expliquer les mauvais résultats en Montérégie comme la culture sur des retours de maïs ou le semis direct plus répandu dans la région et qui semble laisser des résidus de maïs même si du soya est ensemencé l’année précédant le blé. L’emploi variable des fongicides pourrait aussi expliquer une partie du problème.