Le petit fruit bleu fait son entrée

C’est officiel. La saison des bleuets bat son plein depuis un peu plus d’une semaine en Montérégie. Les bleuets abondent, ils sont sucrés, mais les cueilleurs manquent à l’appel.

25 juillet 2011
par Mathieu Simard - Cultures

« Ça fait deux années consécutives que la cueillette commence au mois de juillet, mais c’est rare », raconte la propriétaire de la ferme Les Fraises Louis Hébert, Dominique Larouche Hébert. De manière générale, la première semaine d’août marque le début de la saison des bleuets cultivés, mais Mère Nature étant imprévisible, les températures chaudes auront permis de devancer la période habituelle. « Le timing est exceptionnel, parce que la majorité des gens prend ses vacances en ce moment », ajoute Mme Larouche.

Un seul hic : les champs regorgent de bleuets, mais les cueilleurs sont absents. La canicule des derniers jours y est pour quelque chose. Pour Mme Larouche, dont l’entreprise se consacre presque en exclusivité à l’autocueillette, la chaleur pesante n’est pas la bienvenue. Elle et son équipe ne sont pas encore en « mode panique », mais il est temps que le mercure descende. Mme Larouche Hébert invite tout de même les gens à braver la chaleur : « Les gens n’ont qu’à venir en matinée, à bien s’hydrater, à apporter une bouteille d’eau et un chapeau, puis l’activité reste agréable », affirme-t-elle.

Paradoxalement, la même année où les champs sont désertés par les clients, la récolte de bleuets en est une presque exceptionnelle. « Nos employés ont beau cueillir, puis cueillir encore. Il faut faire quelque chose avec tous ces bleuets. Et malgré qu’on transforme une partie de notre production, nous n’avons pas besoin d’une immense quantité », explique Mme Larouche Hébert.

Mais Mme Larouche Hébert se console. Comparativement à la fraise et à la framboise, qui pourrissent si elles ne sont pas récoltées à maturité, le bleuet est moins capricieux. Il peut attendre dans son arbre et ne devient que plus sucré.

Quant aux bleuets sauvages du Québec, ils devraient arriver sur les tablettes à la fin de la première semaine du mois d’août. Pour le moment, il est possible de trouver de petites quantités qui ont été cueillies à la main. Selon le directeur général du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, Gilbert Desrosiers, l’année 2011 en sera une standard en termes de production : « Comparativement à la Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick où les pluies ont été intenses, le Québec s’en tire bien. On anticipe des récoltes de 45 à 50 millions de livres », affirme-t-il.

Le circuit des bleuetières

La popularité du bleuet au Québec est indéniable. La preuve, Le Circuit du paysan, un réseau champêtre couvrant le secteur sud-ouest de la Montérégie, a pris de l’expansion. Une route des bleuetières s’est greffée, cette année, au populaire tracé.

« Il y a deux ans, une association de producteurs de bleuets de la région s’est formée, avec la volonté de promouvoir leur fruit », précise le porte-parole du Circuit du paysan, Jacques Bouvier. Cette année, un dépliant dénombrant la quinzaine de producteurs de bleuets a été distribué dans les organismes et attractions touristiques de la région.

Selon son porte-parole, Le Circuit du paysan a acquis une renommée importante et une grande force de frappe. La Route des bleuets ne peut maintenant que lui donner un avantage supplémentaire. « C’est une nouvelle manière de vendre Le Circuit du paysan », ajoute-t-il.

« On veut simplement que les gens viennent dans notre région. Certains producteurs font de l’autocueillette, d’autres non. On fait tous des produits transformés différents, donc on n’entre pas en compétition les uns avec les autres », souligne pour sa part Mme Larouche Hébert.

Nos publications

Déjà abonné? Accédez au journal électronique