Le marché du blé s’emballe

À cause de la sécheresse en Russie, le prix du blé s’approche rapidement du record de 2008 qui avait mené à la crise alimentaire.

05 août 2010
par Thierry Larivière - Cultures

La Russie, qui est aux prises avec une importante sécheresse et de nombreux incendies de forêt, a décidé d’interdire toute exportation de son blé jusqu’au 31 décembre.

Le premier ministre Vladimir Poutine a affirmé que cette interdiction était « appropriée » pour contrôler le prix interne du blé qui a augmenté de 19 % en une semaine. De plus, le gouvernement russe a déclaré l’état d’urgence dans 28 régions productrices de grains.

La Russie est habituellement le 3e plus grand producteur de blé au monde. La nouvelle a donc eu un effet immédiat sur le prix du blé à la bourse. Le contrat de décembre à Chicago dépassait 8 $ US le boisseau en date du 5 août. On assiste d’ailleurs depuis juin à la plus rapide et importante augmentation du prix du blé depuis 50 ans.

L’interdiction d’exporter vise également d’autres céréales telles que le maïs, l’orge et le seigle. Le marché du grain sera sans doute affecté par la pénurie russe.

Il faudra néanmoins surveiller l’ampleur du désastre à la fin de la récolte en Russie et en Ukraine. Le Canada ne devrait pas sortir une grosse récolte non plus à cause d'un printemps désastreux. 

Cependant, si la récolte est faible mais pas si mauvaise que prévu, les prix pourraient redescendre. Par ailleurs, les stocks élevés et la récolte d'autres importants pays producteurs pourraient ramener le marché à plus de mesure. Selon la FAO, le risque de crise alimentaire n'est pas justifié jusqu'à maintenant puisque la prévision de production mondiale de blé est passée de 676 à 651 millions de tonnes.