L'agriculture urbaine a le vent dans les voiles
Les promoteurs de l'agriculture urbaine ont de grandes ambitions sociales qui s’inscrivent dans la vogue mondiale qui veut ramener l’agriculture en ville et s’en servir comme tremplin dans le cadre d’actions communautaires pour améliorer la qualité de vie des citoyens.
Les agriculteurs peuvent dormir tranquilles, les tracteurs articulés ne sont pas prêts d’arpenter les toits des gratte-ciel de Montréal. L’agriculture urbaine a des visées beaucoup plus modestes du point de vue des volumes de productions agricoles.
« L’agriculture urbaine nous permet de parler de grands enjeux sociaux », explique Jean-Philippe Vermette du Collectif de recherche sur l’aménagement paysager et l’agriculture urbaine durable (CRAPAUD), celui-là même qui s’est fait connaître il y a quelques jours comme porte-parole de la campagne pour inciter les Montréalais à élever des poules dans leur cour. « Pour nous la poule n’est qu’un symbole, c’est dommage que nos interventions n’aient été prises qu’au premier degré. Par-delà les poules, il y a toute la conception de la ville qui est à revoir; c’est pourquoi nous demandons une consultation publique sur l’agriculture urbaine à Montréal.
Ce que nous souhaitons, ce sont des citoyens plus engagés qui s’impliquent dans leur milieu de vie », a-t-il déclaré à la Terre. Jean-Philippe Vermette, étudiant de maîtrise en sciences de l’environnement à l’UQÀM, insiste sur le sérieux de la démarche entreprise par son groupe de pression qui compte déjà 30 membres actifs. Il se réjouit qu’un cours de trois crédits de maîtrise soit offert à l’UQÀM sur l’agriculture urbaine. De plus, au moment de notre passage à l’UQÀM, l’École d’été sur l’agriculture urbaine dispensait une formation d’une semaine. Une activité financée par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
Balades-découvertes
L’agriculture urbaine peut compter sur plusieurs supporteurs et pas seulement sur des étudiants de l’UQÀM, de l’Université McGill et de l’Université Concordia, des institutions qui sont toutes impliquées dans ce mouvement. Elle bénéficie aussi de l’appui de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ) et de l’organisme Le Coeur des sciences, un centre culturel mis sur pied par l’UQÀM. Ces derniers étaient les organisateurs, le 5 août dernier, d’une balade-découverte à l’intention des journalistes. Le but, découvrir comment l’agriculture urbaine se vit dans les quartiers Ville-Marie (centre-ville) et Villeray, rencontrer des jardiniers passionnés et en apprendre sur leurs techniques. Notons que cette activité est également offerte au grand public. Elle a connu un tel succès que des visites supplémentaires ont dû être organisées. Les visiteurs se rendent sur des toits du centre-ville, dans des jardins communautaires, dans les cours privées des habitations Jeanne-Mance et discutent avec les jardiniers. On leur explique les méthodes de cultures en bacs et on leur fait découvrir de nouveaux fruits et légumes. « L’agriculture urbaine à Montréal participe à la revitalisation des quartiers par son dynamisme et sa diversité. Elle constitue une stratégie de développement urbain innovante alliant les saines habitudes de vie, le système alimentaire local et le développement durable », conclut Manon Barbe, la présidente de la CRÉ de Montréal.




