Le maire et la mairesse de Saint-Marcel, Réjean Bernier et Nicole Tellier-Bernier, sont aussi les concierges bénévoles de l’église, devenue également un centre communautaire. Crédit photo : Pierre-Yvon Bégin

Le maire et la mairesse de Saint-Marcel, Réjean Bernier et Nicole Tellier-Bernier, sont aussi les concierges bénévoles de l’église, devenue également un centre communautaire. Crédit photo : Pierre-Yvon Bégin

Saint-Marcel mise sur le communautaire

Au centre du triangle Sorel-Drummondville–Saint-Hyacinthe, Saint-Marcel-de-Richelieu ne compte que 540 âmes. En 2002, la fabrique de la paroisse a failli déclarer banqueroute. Mise en vente au prix ridicule d’un dollar, l’église ne parvenait même pas à trouver preneur.

La communauté s’est alors mise au travail avec détermination pour sauver le cœur de son village. Aujourd’hui, l’endroit bourdonne comme une ruche d’abeilles.

« C’est impressionnant le nombre d’activités qu’il y a là-dedans », affirme avec fierté le président de la fabrique, Laurent Brouillard. Preuve à l’appui, l’organisme a tenu en fin de semaine dernière sa 9e épluchette de blé d’Inde afin de financer une partie des 30 000 $ nécessaires à l’entretien annuel du temple.

Du haut du clocher, le président de la fabrique, Laurent Brouillard, peut contempler toute la paroisse de Saint-Marcel. Il a récemment effectué la réparation du toit du clocher en compagnie de son beau-frère de 80 ans, Réal Fafard.  Crédit photo : Pierre-Yvon Bégin

Du haut du clocher, le président de la fabrique, Laurent Brouillard, peut contempler toute la paroisse de Saint-Marcel. Il a récemment effectué la réparation du toit du clocher en compagnie de son beau-frère de 80 ans, Réal Fafard. Crédit photo : Pierre-Yvon Bégin

« En 2002, relate Laurent Brouillard, il n’y avait que 10 000 $ dans le compte et c’était la faillite à l’horizon. »

Pour éviter le naufrage, un bon samaritain a décidé de payer la facture de chauffage et 10 paroissiens se sont engagés à verser 500 $ durant cinq ans. Comme la municipalité n’avait pas de salle communautaire, la solution de survie s’est imposée d’elle-même, d’autant que l’évêché avait donné son feu vert pour en faire « ce que vous voulez », rapporte le président.

Le mobilier et les bancs ont été vendus à l’encan à des paroissiens qui ont misé pour s’assurer de conserver le banc familial. On peut s’en douter, la conversion de l’église en salle communautaire a été très émotive.

« Il y a un paroissien qui nous a dit qu’il n’assisterait plus à la messe si on enlevait les bancs », révèle le président.

La partie n’était pas gagnée pour autant étant donné que le bâtiment se trouvait dans un piteux état. Selon une évaluation des travaux de réfection du toit, du plancher et de la peinture, la facture se chiffrait à plus de 500 000 $. La toiture et la peinture ont été refaites. De plus, une cuisine a été ajoutée à la salle communautaire, et ce, pour une fraction de l’estimation. Les réunions du conseil municipal ont lieu dans la sacristie.

« On a réussi à mettre 210 000 $ sur notre église, mentionne Laurent Brouillard. Le maire et la mairesse l’entretiennent gratuitement. De plus, on va chercher de l’aide un peu partout et on a deux secrétaires bénévoles. »  

Lors de la mise en vente de l’église, une offre à 56 000 $ a été rejetée.

« Nos pères ont bâti cette église avec rien et on ne la laissera pas partir pour le prix d’un vieux tracteur », s’est insurgé Clément Brouillard, l’un des bénévoles de la fabrique.

Curé de la paroisse depuis 2002, Benoît Côté confirme l’attachement particulier de la communauté de Saint-Marcel pour son église. Il révèle que les décisions des membres de la fabrique, où l’on retrouve plusieurs représentants du monde des affaires, se prennent très rapidement. Les paroissiens de Saint-Marcel ont su faire preuve « d’entêtement ».

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