Marcel Groleau a été « impressionné » par les fermes maraîchères intensives montrées dans le film, comme la Ferme des Quatre-Temps. Crédit photo : Atelier Brooklyn

Marcel Groleau a été « impressionné » par les fermes maraîchères intensives montrées dans le film, comme la Ferme des Quatre-Temps. Crédit photo : Atelier Brooklyn

« J’ai aimé ce que j’ai vu, mais pas ce que j’ai entendu » – Marcel Groleau, président de l’UPA

Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) affirme que le documentaire de Marc Séguin sur l’agriculture que La Terre présentait dans son édition du 4 octobre véhicule certaines « faussetés », notamment en ce qui concerne les subventions versées aux agriculteurs québécois.

Il souligne que les subventions de 1 G$ par an évoquées dans La ferme et son État ne sont pas crédibles puisque le budget complet du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) est bien inférieur à 1 G$. Le documentaire laisse par ailleurs entendre que le MAPAQ consacre seulement 12 M$ à l’agriculture biologique. Marcel Groleau fait valoir que cela ne tient pas compte du fait que les petites fermes maraîchères bio, comme toutes les fermes, ont accès aux mêmes programmes de gestion des risques. Ces programmes pourraient même être proportionnellement plus intéressants pour ces petites entreprises puisqu’elles ont plus de ventes nettes admissibles par hectare et relativement peu de dépenses. Les jeunes agriculteurs bio ont également accès au programme d’appui financier à la relève de La Financière agricole du Québec (FADQ), dont le montant est le même, peu importe la taille de la ferme.

Réglementation

Par ailleurs, Marcel Groleau estime que le film « confond » les exigences votées par les producteurs dans les plans conjoints et celles du MAPAQ. Il estime néanmoins que les règles sanitaires gouvernementales, jugées trop contraignantes pour les petites fermes dans le documentaire, sont justifiées étant donné l’impact d’une crise sanitaire sur la consommation d’un aliment.

Accès à la terre

Marc Séguin souligne aussi la difficulté d’accéder à la terre. Marcel Groleau ne nie pas ce fait, évoquant par contre que cette « compétition » est fondamentalement la même pour tous les types de fermes. Il critique cependant la FADQ au passage : « Lorsque tu n’as pas de capitaux et que tu pars de zéro, la Financière est souvent trop prudente avant d’accorder du crédit. » En ce qui concerne l’accès à des terres de petite dimension, le président de l’UPA souligne que le Québec compte déjà plusieurs petits lots et que ceux-ci dépassent rarement 50 ha. Il concède toutefois qu’il peut être difficile d’obtenir les autorisations nécessaires pour construire une maison sur un seul petit lot.

Finalement, même s’il se dit « impressionné » par l’agriculture maraîchère intensive montrée dans le film, Marcel Groleau est plus critique de l’impression que peut susciter l’agriculture extensive de Joel Salatin en Virginie. « Ce n’est pas un modèle applicable à large échelle étant donné le prix actuel des terres », croit le président de l’UPA.

Ce qu’ils ont dit

« Le secteur avicole ne reçoit aucune subvention gouvernementale [puisque] la production de volailles est encadrée par la gestion de l’offre. » – Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec, en réponse à l’affirmation de Marc Séguin selon laquelle les élevages avicoles sont subventionnés

« Marc Séguin a reconnu que la gestion de l’offre a été utile. […] Le Québec compte 55 % de fermes laitières de 60 kg de quota ou moins et 35 % de fermes de moins de 35 kg. » –  François Dumontier, porte-parole des Producteurs de lait du Québec