Les producteurs québécois aimeraient adapter au marché d’ici la publicité tournée par le Christmas Tree Promotion Board. Photo gracieuseté du CTPB

Les producteurs québécois aimeraient adapter au marché d’ici la publicité tournée par le Christmas Tree Promotion Board. Photo gracieuseté du CTPB

Docteur Doogie à la rescousse!

ORFORD — Pour sa campagne de promotion américaine de 2016, le Christmas Tree Promotion Board n’a pas lésiné sur les moyens, allant jusqu’à engager Docteur Doogie… à la grande satisfaction des producteurs québécois.

Fondé en 2015, le Christmas Tree Promotion Board est financé par le ministère de l’Agriculture des États-Unis, qui nomme les membres de son conseil d’administration, ainsi que par les producteurs d’arbres de Noël et d’autres joueurs de l’industrie. Pour chaque arbre de Noël vendu aux États-Unis, 0,15 $US sont versés à cet organisme.

Or, le Québec est le plus grand exportateur de sapins vers les États-Unis et 64 % de sa production totale y aboutit. En conséquence, le 17 février dernier, lors des Journées de l’arbre de Noël, à Orford, l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec (APANQ) avait invité Marsha Gray, cogestionnaire du Christmas Tree Promotion Board, à présenter par vidéoconférence la campagne publicitaire de son organisme.

Neil Patrick Harris

Neil Patrick Harris

Cette dernière était axée sur le slogan Keep it real! (Gardez ça vrai!), par opposition aux sapins artificiels, et bénéficiait d’un budget de 1,25 M$ US. Une publicité a été produite montrant une jeune famille allant chercher un sapin à la campagne et l’installant dans son salon, et les médias sociaux et traditionnels ont été utilisés. Aussi, le Christmas Tree Promotion Board a participé au programme Trees for Troops et s’est associé avec la populaire plateforme de services à domicile Handy pour la livraison et l’installation de sapins à domicile. En outre, le 6 décembre dernier, un salon a été érigé dans une rue de New York, muni d’un arbre parlant animé par un acteur caché, en l’occurrence Neil Patrick Harris. Celui-ci a incarné Docteur Doogie à la télévision de 1989 à 1993, a joué dans une trentaine de films, dont Albert à l’Ouest (A Million Ways to Die in the West), et a prêté sa voix au héros du jeu vidéo Spider-Man : Dimensions.

« Pour chaque dollar dépensé dans cette campagne, a assuré Marsha Gray, nous récoltons 3,40 $ de revenus. »

« Bien dépensé »

Le président de l’APANQ, Jimmy Downey, s’est montré impressionné par la campagne de promotion aux États-Unis, tout comme les directeur et trésorier de l’Association, Larry Downey et David Thibault. « C’est de l’argent bien dépensé », a dit Larry Downey. « Je suis très satisfait, a ajouté David Thibault, propriétaire de Bôsapin, à Coaticook. C’est un travail énorme, qui vise et touche le cœur des jeunes familles américaines. »

Thibault a d’ailleurs félicité Marsha Gray pour le travail accompli et exprimé l’intérêt de l’APANQ à adapter au marché québécois la publicité tournée par le Christmas Tree Promotion Board. Mme Gray s’est déclarée favorable à cette requête et a assuré qu’elle allait la transmettre à son conseil d’administration. Celui-ci se réunissait le 19 février avec l’agence de publicité responsable de la campagne pour faire un bilan de celle-ci et préparer la prochaine.

L’exportation

En 2016, le Canada a exporté environ 1,8 million d’arbres aux États-Unis, contribuant ainsi pour environ 270 000 $ à la campagne de promotion du Christmas Tree Promotion Board. Ces ventes, selon Larry Downey, constituent une augmentation de 15 à 20 % par rapport aux chiffres de l’année précédente et devraient continuer d’augmenter en 2017.

Sur le marché de l’exportation, qui se fait à 95 % vers les États-Unis selon des chiffres du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), le Québec se taille la part du lion devant ses plus proches concurrents, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. En 2016, le Québec représentait 64,8 % du volume canadien à l’exportation et 63,7 % des ventes, des chiffres qui augmentent régulièrement depuis trois ans, alors que ceux des Maritimes diminuent.

De nouveaux marchés étonnants à première vue, comme le Pérou et le Mexique, sont susceptibles de s’ouvrir aux producteurs québécois. Lors de l’assemblée générale annuelle de l’APANQ le 17 février dernier, Gérald Couture, de Sherbrooke, a été nommé officiellement représentant du Québec pour le comité d’exportation de l’Association canadienne des producteurs d’arbres de Noël.

L’entreprise de M. Couture, Quebec Balsams, a déjà entrepris des démarches d’exportation au Pérou et au Mexique, où les États de l’Oregon et de Washington ont vendu plus d’un million d’arbres l’an dernier. Selon le président de l’APANQ, la détérioration des relations entre le Mexique et les États-Unis pourrait être une opportunité pour le Canada. M. Couture a même payé de sa poche pour que des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture du Pérou viennent ici afin d’élaborer une réglementation sanitaire pour le sud du Québec.

Denis Lord, collaboration spéciale