Stéphane Billette dans les Vergers Petch, d’Hemmingford. Photo : Thierry Larivière

Stéphane Billette dans les Vergers Petch, d’Hemmingford. Photo : Thierry Larivière

Un député à la campagne

HEMMINGFORD — Avant de devenir député de Huntingdon, Stéphane Billette a été producteur. « À 15 ans, j’étais pas mal autonome à la ferme », se souvient celui qui a rapidement pris une part importante des travaux agricoles, en particulier après le décès prématuré de son père pour cause de maladie à seulement 44 ans.

« J’aimais bien la mécanique également. Changer un embrayage de tracteur, je n’ai pas de problème avec ça », raconte celui qui avait notamment réparé des tracteurs Belarus vendus par le magasin de machinerie agricole fondé par son père. La mère de Stéphane a cependant décidé de vendre ce commerce après le décès de son mari.

En 1995, Stéphane Billette est finalement devenu propriétaire de la ferme de 170 acres fondée par son grand-père en 1930. Toutefois, il ne pouvait plus cultiver sa terre et siéger à l’Assemblée nationale en même temps. C’en était même devenu une question de santé puisqu’il tenait à faire plusieurs travaux agricoles lui-même. Sans relève pour la ferme, il a déménagé il y a quatre ans et a vendu la maison ancestrale cette année. « J’ai un petit pincement au cœur quand je vois des voitures à grain l’automne ou des semoirs au printemps », affirme l’ancien agriculteur, qui dit se sentir bien avec « les mains dans la terre et dans la graisse ». Comme député, Stéphane Billette est fier des vignerons et des cidriculteurs de son coin. Il est d’ailleurs à l’origine du projet de loi 395, qui a ouvert la porte au projet de loi 85 pour étendre la vente des alcools du Québec en épicerie.

« Ce que j’aime, c’est aller dans une ferme, un vignoble ou une usine de transformation, petite ou grande. Il faut rester connecté, c’est ma priorité », raconte celui qui croise constamment des gens de sa circonscription, qui l’interpellent en lançant un simple « Stéphane! » C’est d’ailleurs arrivé pendant l’entrevue qu’il a accordée à La Terre. « Tous les gens se connaissent dans le monde rural. La proximité et la chaleur des gens, c’est ce qui fait la force », estime le député. Il explique que Sainte-Martine, qui compte seulement 5 000 habitants, est la plus grande municipalité de sa circonscription. Il souligne aussi qu’il n’y a que trois feux de circulation dans tout ce territoire que l’on prend deux heures et demie à traverser.

C’est une vaste région qui convient bien à ce député. « Ne me proposez pas un terrain de 20 000 pieds carrés, ce ne sera pas assez grand. Il me faut un bon terrain de jeu », raconte celui qui continue de conduire et de réparer son tracteur à gazon, pour se rappeler un peu son ancienne vie. « J’aime aussi beaucoup m’entraîner à la campagne. Je fais des triathlons », ajoute le père de deux enfants qui a développé une nouvelle passion pour le sport.