Les agriculteurs Marc Gauthier, Céline Bisaillon et Charles Marcil sont consternés de la mauvaise réalisation des travaux de réfection du chemin Bellerive. Un autre agriculteur touché, Réjean Côté, était absent lors du passage de La Terre. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

Les agriculteurs Marc Gauthier, Céline Bisaillon et Charles Marcil sont consternés de la mauvaise réalisation des travaux de réfection du chemin Bellerive. Un autre agriculteur touché, Réjean Côté, était absent lors du passage de La Terre. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

Des travaux de voirie mal réalisés fragilisent des sols

CARIGNAN — Un groupe d’agriculteurs du chemin Bellerive n’en revient toujours pas de la manière dont la Ville de Carignan, en Montérégie, a procédé pour refaire 4 km de route à l’automne dernier.

« Ils ont refait l’asphalte au complet sans tenir compte du drainage du chemin », raconte Marc Gauthier, producteur de grandes cultures sur le chemin Bellerive. La Ville aurait par la suite procédé « en panique » au creusage des fossés. L’avis de l’entrepreneur selon lequel les travaux ne pouvaient pas être garantis sans drainage aurait incité la ville à refaire les fossés elle-même.

Plusieurs problèmes ont découlé de cette correction du manquement initial. « Ils disent qu’ils ont nettoyé les fossés, mais ils les ont reprofilés », affirme Charles Marcil, autre producteur rencontré par La Terre. « C’est deux poids, deux mesures », estime Marc Gauthier, qui fait valoir que les règles d’intervention dans les cours d’eau pour les producteurs ne permettent pas ce type d’intervention. Des pentes très fortes ont provoqué de l’érosion et des éboulements par endroits. « L’ensemble des travaux va devoir être refait et on va payer deux fois », fait valoir Marc Gauthier. Un tuyau installé sous la route fait en sorte que de l’eau qui s’écoulait avant dans le ruisseau Robert est maintenant déversée dans la rivière L’Acadie, ce qui modifie l’écoulement naturel qui y prévalait.

Même si tout a été éventuellement corrigé, les producteurs estiment que l’emprise de la route est maintenant plus large. Charles Marcil a mesuré des variations de 3 m de l’emprise complète (route et fossés). Il estime que la largeur de 11 m n’est pas respectée partout. Avec des augmentations de taxes de l’ordre de 40 % à 50 % cette année, les agriculteurs auraient souhaité être consultés avant les travaux.

Recherche de solutions

« On se penche là-dessus et on va revenir avec des solutions », a expliqué René Fournier, maire de Carignan, en entrevue téléphonique. Le maire a demandé à ses experts de voir si les pentes des fossés pouvaient être consolidées avec des toiles ou par une autre technique. On pourrait devoir refaire une pente plus douce, mais seulement si les autres méthodes ne sont pas valables. De nouvelles pentes pourraient élargir l’empiétement total de la route et entraîner le versement de compensations aux propriétaires. Pour le moment, l’emprise de la route est jugée normale même si la partie asphaltée est plus large qu’avant. « S’il y a empiétement, il est très mince et par endroits seulement », affirme le maire, qui précise qu’un ingénieur et un arpenteur ont vérifié le tout.

Le maire René Fournier reconnaît par ailleurs que la Ville aurait pu procéder aux travaux différemment. « Dorénavant, les gens vont être avisés. On va les écouter », promet le maire, qui sera bientôt en élections.

Des fossés de drainage avec de fortes pentes ont été creusés après la réfection de la route. Ils risquent à tout moment de s’ébouler. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

Des fossés de drainage avec de fortes pentes ont été creusés après la réfection de la route. Ils risquent à tout moment de s’ébouler. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN