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Incohérence et précipitation, juge un expert de l’ENAP

« Incohérence » et « précipitation ». Ces deux mots sont utilisés par un expert de l’École nationale d’administration publique (ENAP) pour décrire l’attitude du gouvernement Couillard relativement au Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA).

Le professeur agrégé de l’ENAP en Outaouais et analyste de politiques publiques Jean-François Savard parle d’une pratique usuelle pour l’administration de Philippe Couillard. À titre d’observateur indépendant, l’expert a été invité par la Terre à se pencher sur le présent dossier des changements au PCTFA. Il établit aussitôt un parallèle entre les dossiers des services de garde et des soins de santé.

Jean-François Savard, professeur agrégé de l’ENAP. Photo : Gracieuseté de l’ENAP

Jean-François Savard, professeur agrégé de l’ENAP. Photo : Gracieuseté de l’ENAP

« On est habitués à voir ce genre d’action incohérente et rapide », constate Jean-François Savard. Il parle même « d’acharnement » à vouloir mettre en œuvre des réformes sans avoir préalablement consulté la population concernée et effectué les changements législatifs requis.

L’expert de l’ENAP considère aussi que la demande de l’UPA de reporter d’un an les changements au Programme est tout à fait justifiée.

« Ce n’est pas déraisonnable, ce que demande l’UPA, ajoute Jean-François Savard. Elle ne dit pas qu’elle n’en veut pas, elle demande un report. Ce n’est pas de l’obstruction. »

Le professeur de l’ENAP évoque aussi « une technique du bulldozer » pour qualifier la façon d’agir du gouvernement Couillard, dans lequel « une ou deux personnes décident ». À son avis, même un Jean Charest était « plus sensible » à la volonté populaire que l’actuel premier ministre.

Jean-François Savard croit que pour sortir de cette impasse, le ministre de l’Agriculture aurait tout intérêt à accepter la demande de report de l’UPA, notamment afin d’éviter les éventuelles poursuites de centaines d’agriculteurs. Il doute cependant le gouvernement fasse marche arrière, « pour ne pas perdre la face » à l’approche d’une année préélectorale.

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