Monsieur Harper, est-ce que j’envoie mon veau à l’abattoir?

Jason Erskine possède une ferme de 180 vaches en lactation près de la frontière. Il voit des camions-citernes qui arborent le logo Lait 100 % canadien passer la douane chaque jour, rapportant des États-Unis du lait diafiltré dans les usines du Québec.

Il n’aime pas qu’on berne le consommateur et qu’on mélange son lait – produit selon des critères plus stricts – avec celui des Américains. « Est-ce que tu vois des Big Mac livrés dans des camions de Tim Hortons? Non. Et je n’aime pas l’idée que nos transformateurs importent un produit caché dans un camion avec notre logo », dénonce-t-il.

M. Erskine a amené à la manifestation un veau né ce matin même. Il demande au premier ministre Harper s’il doit continuer d’élever son veau ou s’il doit l’envoyer à l’abattoir. « Ça va prendre deux ans avant que ce veau devienne une vache qui donnera du lait. D’ici ce temps, il m’en coûtera 3 000 $ en nourriture et en soins. Si je n’ai plus de marché pour mon lait dans deux ans, je ne garderai pas mes veaux pour rien. Je serai obligé de diminuer la taille de ma ferme, je serai perdant et tous les gens qui travaillent directement ou indirectement pour mon exploitation seront perdants », explique-t-il, en entrevue à la Terre.

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La manifestation se termine à l’instant avec un message de la part des agriculteurs, qui bloquent la route menant à la douane pendant quelques minutes. « Si rien ne change, la prochaine fois que nous reviendrons manifester, nous ne laisserons pas les tracteurs sur l’accotement. Nous bloquerons la frontière, nous bloquerons l’entrée au pays du lait diafiltré », avertit le producteur laitier Jason Erskine.