Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec, et Henry Zantingh, président de Chicken Farmers of Ontario, dans le lobby du Westin d’Atlanta. Crédit photo : Thierry Larivière

Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec, et Henry Zantingh, président de Chicken Farmers of Ontario, dans le lobby du Westin d’Atlanta. Crédit photo : Thierry Larivière

De multiples rencontres, mais le secret persiste

Le ministre du Commerce du Canada, Ed Fast, rencontre des représentants du secteur agricole canadien aujourd’hui et ce soir, selon ce qu’a appris la Terre à Atlanta, où se déroulent les négociations en vue de la conclusion du Partenariat transpacifique.

« Il est surtout à notre écoute », a commenté Henry Zantingh, président de Chicken Farmers of Ontario, qui avait vu M. Fast avant 15 h aujourd’hui. Il s’agit d’une situation un peu curieuse en pleine rencontre ministérielle, qui pourrait se terminer le 2 octobre. Il ne semble pas en effet que des compromis soient sur la table et que le ministre veuille tester la température de l’eau. Au moins deux rencontres avec plusieurs représentants du Québec sont prévues ce soir et on en saura peut-être un peu plus après. Les rencontres bilatérales entre le Canada et d’autres pays devaient suivre celles avec les groupes nationaux.

« On a des doutes sur de possibles nouveaux contingents tarifaires », affirme Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec, qui se dit « nerveux ». Ce dernier est toutefois satisfait du message que va recevoir le ministre Fast avec la présence des ministres de l’Agriculture du Québec et de l’Ontario, de même que d’une trentaine de représentants de la gestion de l’offre de différentes régions du Canada.

Un représentant de l’industrie du sucre américaine, Don Phillips, a confirmé à la Terre que son pays n’était pas vraiment intéressé à de nouveaux accès au Canada pour son industrie, puisque son pays était déjà importateur de sucre et qu’il reste donc de l’espace sur le marché intérieur. Il confirme néanmoins un certain lien entre le sucre et d’autres produits agricoles. Ce lien (linkage) entre les deux proviendrait du côté canadien. Il ne semble toutefois pas que la filière du sucre sera la clé d’un éventuel accord.

Une possible concession du Japon sur le riz, qui donnerait un accès supplémentaire aux Américains, montre le sérieux de ce premier pays pour arriver à un accord puisqu’il s’agit d’un produit culturel et qui a toujours été protégé. Il s’agirait toutefois d’un contingent sans tarif douanier de quelques dizaines de milliers de tonnes de plus et qui se ferait au détriment d’autres pays. Bref, il n’y aurait pas beaucoup plus de riz au total, qui serait importé au Japon.

Comme depuis le début, l’essentiel des négociations se passe derrière des portes closes un peu partout dans l’hôtel Westin d’Atlanta. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas foule dans les aires publiques et on peut difficilement croire que l’un des plus importants traités de libre-échange est en phase finale de négociation. Toutes les sources interrogées demeurent prudentes sur la possibilité d’un accord, bien que certains soient plus positifs quant à un aboutissement imminent.

Notons que les rumeurs font d’ailleurs état d’une conférence de presse finale de la rencontre ministérielle à 14 h, soit tôt dans la journée, le 1er octobre. Rien de confirmé officiellement toutefois.

La Terre vous tiendra informé des nouveaux développements toute la journée du 1er octobre et même le lendemain si la conférence ministérielle devait se prolonger.