La nouvelle étude montre que les producteurs de lait américains ne couvrent pas leurs coûts de production depuis plus d’une décennie. Crédit photo: Martin Ménard / TCN

La nouvelle étude montre que les producteurs de lait américains ne couvrent pas leurs coûts de production depuis plus d’une décennie. Crédit photo: Martin Ménard / TCN

Les producteurs de lait américains reçoivent 35 $ l’hectolitre en subventions

Le lait américain pourrait bien représenter une concurrence déloyale s’il se retrouvait en plus grande quantité sur le marché canadien. Selon une nouvelle étude canadienne, les producteurs de lait américains reçoivent en effet des subventions qui totalisent 35,02 $ l’hectolitre, soit l’équivalent de 73 % des revenus qu’ils tirent du marché.

« Ce soutien extrêmement généreux est complètement ignoré », a indiqué Peter Clark, de la firme de consultants en commerce international Grey, Clark, Shih and Associates Limited, responsable de réaliser cette étude pour le compte des Producteurs laitiers du Canada (PLC).

« Les données du département américain de l’Agriculture [USDA] révèlent que depuis plus d’une décennie, les prix à la production du lait aux États-Unis ne couvrent pas les coûts de production », affirme Peter Clark. Selon l’étude, le fait que les transformateurs puissent acheter le lait à des prix inférieurs aux coûts de production présente un avantage concurrentiel considérable pour l’industrie laitière américaine.

Ces récents calculs montrent que le gouvernement américain a versé 22,2 G$ en subventions directes et indirectes aux producteurs de lait américains en 2015. Ces chiffres découlent du Farm Bill de 2014.

« Les politiciens des États-Unis ont vite fait de diaboliser le Canada pour son système différent. Or, ce qui constitue un commerce équitable est une question de perception. Par exemple, 41 pays, dont les États-Unis, détiennent des contingents tarifaires approuvés par l’Organisation mondiale du commerce. Les Américains ont contesté le droit du Canada d’utiliser ses contingents dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain il y a plus de 20 ans. Ils ont perdu. Mais les États-Unis ont tendance à ratisser large quand ils se plaignent du commerce », a conclu M. Clark.

L’étude de 588 pages couvre autant les subventions des États que celles en provenance de Washington. Les subventions indirectes peuvent prendre la forme d’aide pour les infrastructures comme de l’irrigation à bas prix, des services et des programmes généraux, incluant des crédits à l’exportation, ainsi que des programmes de nutrition, d’aide alimentaire et de prêts à de bas taux d’intérêt.

Nouvelles subventions en vue

Par ailleurs, le renouvellement du Farm Bill est déjà en discussion au Congrès américain et de nouvelles subventions au secteur laitier sont sur la table. La Terre a appris qu’un projet de loi approuvé par la Chambre des représentants prévoit de hausser le plafond de l’assurance sur le troupeau laitier (House Bill H.R. 4667 [115]). Bien que le Sénat n’ait pas encore entériné cette proposition de la Chambre, cela montre que la tendance aux subventions continue, en particulier pour le secteur laitier et celui du coton.