Le ministre Paradis lors de son passage dans une ferme laitière à Saint-Armand, en marge de la Journée portes ouvertes sur les fermes du Québec. Sur la photo, M. Paradis, sa femme Anne et les propriétaires de l’entreprise, Caroline Pelletier et Paulin Bard. Crédit photo : Martin Ménard

Le ministre Paradis lors de son passage dans une ferme laitière à Saint-Armand, en marge de la Journée portes ouvertes sur les fermes du Québec. Sur la photo, M. Paradis, sa femme Anne et les propriétaires de l’entreprise, Caroline Pelletier et Paulin Bard. Crédit photo : Martin Ménard

Importation de protéines liquides : le ministre appelle les douaniers

Les producteurs laitiers sont en furie : d’une part parce que le prix du lait a diminué, d’autre part parce que les importations américaines de protéines laitières ont augmenté.

« Il y a une faille dans la protection de la frontière. Le problème, c’est le lait diafiltré qui passe aux douanes comme un concentré protéique [c’est-à-dire sans être soumis aux tarifs protectionnistes de la gestion de l’offre], alors qu’il n’en est pas. C’est ni plus ni moins du dumping en provenance des États-Unis », dénonce Bruno Letendre, président des Producteurs de lait du Québec.

La Terre a questionné le ministre Paradis à ce sujet lors de son passage dans une ferme laitière de la Montérégie, en marge de la Journée portes ouvertes sur les fermes du Québec, hier. « On m’a dit que les douaniers ne faisaient pas leur travail correctement. J’ai donc appelé celui qui est aujourd’hui le président du syndicat des douaniers du Canada. Il m’a répondu qu’il ne savait pas [quelle était la situation]. J’ai dit à Bruno [Letendre] de l’appeler. Et ce soir, lorsque je reviendrai, je vais les contacter pour savoir comment a été leur conversation », a relaté le ministre, qui précise que la situation actuelle des producteurs de lait « est une priorité » parce qu’ils perdent 1 000 $ par semaine, en moyenne, de revenus.

Le président des Producteurs de lait du Québec affirme que le problème ne se résoudra pas à la douane, mais au Parlement. « Le lait diafiltré, ce n’est pas un concentré protéique. Il s’agit d’un lait à 15 % de protéines. Même l’Agence canadienne d’inspection des aliments ne le range pas dans la catégorie des concentrés protéiques. Alors si c’est comme du lait, il faut appliquer la loi et les tarifs propres à la gestion de l’offre », martèle-t-il.

Au dire de M. Letendre, le lait diafiltré est mal classé, une faille dont profitent de plus en plus les transformateurs, qui importent une matière laitière à moindre coût et particulièrement populaire dans la production de fromage. « Tout le monde triche et profite de la faille. Et les producteurs écopent. Il faut que les politiciens fédéraux reclassent le lait diafiltré. Mais M. Fast [ministre du Commerce international] soutient qu’il ne faut pas nuire au commerce! Bref, le gouvernement dit qu’il défend la gestion de l’offre, mais il ne fait rien. Je comprends les producteurs d’être en beau s’il vous plaît. Je le suis moi aussi », peste-t-il.

 Encore un but à « scorer »
Bruno Letendre salue le soutien de M. Paradis, mais lui demande surtout d’exercer de la pression sur les politiciens fédéraux. « Pierre Paradis a bien fait pour la gestion de l’offre jusqu’à maintenant, mais il a encore un but à “scorer”. Il faut qu’il appelle ses homologues provinciaux pour faire front commun et forcer le fédéral à reclasser le lait diafiltré. Nous avons une bonne collaboration avec l’Ontario, c’est le temps d’en profiter », juge-t-il.