La première cohorte en production acéricole. Dans l’ordre habituel, Sonia Létourneau, Mario Mc Duff, enseignant, René Lacroix, Stéphanie Sauvé, Claude Giguère, directeur du CRIFA, Denis Sage, enseignant, et Michaël Nadeau. Crédit photo : Pierre-Yvon Bégin

La première cohorte en production acéricole. Dans l’ordre habituel, Sonia Létourneau, Mario Mc Duff, enseignant, René Lacroix, Stéphanie Sauvé, Claude Giguère, directeur du CRIFA, Denis Sage, enseignant, et Michaël Nadeau. Crédit photo : Pierre-Yvon Bégin

Une première cohorte en production acéricole

COATICOOK — Pour une première fois en 20 ans, le Centre de formation professionnelle (CRIFA) de Coaticook a lancé un nouveau Diplôme d’études professionnelles (DEP), soit en production acéricole. À la fin d’août, une cohorte de huit étudiants a entrepris une formation de 1 005 heures à temps plein qui prendra fin en mai prochain.

« Ils vont être prêts à runner une cabane à sucre », promet Denis Sage, l’un des formateurs avec Mario Mc Duff. Et comment! Quatre apprentis rencontrés par La Terre, de vrais néophytes en acériculture, caressent l’idée de posséder leur propre entreprise.

Sonia Létourneau, une infirmière auxiliaire, est l’une des trois femmes inscrites. La jeune Coaticookoise a l’intention de mettre en production une érablière de Saint-Herménégilde appartenant à son père et à un oncle. Au départ, elle avait des doutes quant à ses capacités de réussir dans ce métier traditionnellement pratiqué par des hommes.

« Je me fais des muscles », témoigne avec fierté celle qui déjà eu à manier la scie à chaîne, à conduire le tracteur et à débroussailler. Outre les travaux d’aménagement d’une érablière, elle pourra acquérir des connaissances en santé et sécurité, orientation en forêt et entaillage, ainsi qu’en traitement et transformation de l’eau d’érable. En tout, la formation comprend 16 modules différents.

L’entrepreneur en construction Michaël « Diego » Nadeau est déjà passablement occupé. Il s’est inscrit à la formation dans le but de démarrer une seconde entreprise, cette fois dans le domaine agrotouristique. Sa conjointe étant bonne cuisinière, il compte offrir une expérience culinaire à l’érable tout en proposant un hébergement à la ferme.

« C’est un beau complément à mon travail saisonnier et je vais pouvoir occuper mes quatre employés au lieu de les mettre au chômage », soutient-il.

Stéphanie Sauvé a pour sa part déjà commencé à magasiner les érablières. Cette technicienne forestière de Stanstead rêve aussi de posséder son entreprise.

À 64 ans, René Lacroix, « le plus jeune de la classe », est propriétaire d’une terre à bois à Saint-Philémon en Chaudière-Appalaches. Ce résident de Compton veut remettre en production une érablière de 1 000 entailles, mais songe aussi à explorer la production de sirop de bouleau.

« Je connais les essences de bois et les travaux d’aménagement en forêt, mais j’en apprends sur plusieurs sujets, comme la bonne façon de construire un ponceau », admet-il.

 

 

Un élément fort dans un dossier

Le directeur du CRIFA de Coaticook, Claude Giguère, est particulièrement enthousiaste d’offrir une formation en production acéricole. Il s’agit d’une première depuis la création de l’option en mécanique agricole il y a 20 ans. Étonné de recevoir autant d’étudiants désireux de lancer leur propre entreprise, il se dit surpris du nombre d’acériculteurs qui ont accepté de recevoir de futurs stagiaires, la formation comportant deux stages en érablière.

« On va manquer d’élèves », prévoit-il avec bonheur, conscient que le succès de cette première cohorte de huit étudiants sera déterminant pour la suite du programme. Il croit que ses protégés « vont avoir le vent dans les voiles ». En effet, souligne-t-il, « le timing est bon », notamment en raison de l’engouement pour les aliments santé et les propriétés uniques du sirop d’érable.

Mario Mc Duff, enseignant responsable du programme, souligne pour sa part que la formation reçue va pouvoir faire la différence dans un plan d’affaires auprès de la Financière agricole et de la Fédération des producteurs acéricoles.

« C’est un gros plus », déclare-t-il, rappelant les besoins de relève dans le secteur.

Le secrétaire du Syndicat des producteurs acéricoles de l’Estrie, Robert Trudeau, confirme d’ailleurs l’importance d’une formation dans une demande de contingent pour la relève.

« C’est dans les critères de sélection pour la relève et c’est un plus pour tous les dossiers », reconnaît-il.