Annette Coutu s’est impliquée pendant près de 40 ans pour faire avancer différents dossiers agricoles. Photo: Audrey Desrochers

Annette Coutu s’est impliquée pendant près de 40 ans pour faire avancer différents dossiers agricoles. Photo: Audrey Desrochers

Faire sa place, un pas à la fois

Annette Coutu a gravi un à un les échelons du syndicalisme agricole et a rapidement fait sa place dans ce milieu typiquement masculin. À l’aube d’une retraite bien méritée, son engagement lui a valu les plus grands honneurs. 

Assise en compagnie de son petit chien Miko, Annette Coutu feuillette son album souvenir. À chaque page, elle se remémore une nouvelle anecdote, une rencontre marquante, un chapitre de sa longue carrière. Première femme élue présidente de la Fédération de l’UPA de Lanaudière, elle s’avoue très fière d’avoir tracé la voie à celles qui la suivront.

AnnetteCoutu1D’abord nommée secrétaire de son syndicat de base en 1979, elle s’est vite retrouvée administratrice. « Comme secrétaire, tu prends des notes, mais très peu de décisions. C’est pour ça que j’ai voulu devenir administratrice », raconte-t-elle.

Après avoir fait ses classes dans ce nouveau poste, l’agricultrice a été élue présidente de son syndicat de base. Quatre ans plus tard, en 1994, elle est devenue présidente de la Fédération de l’UPA de Lanaudière.

« Le soir où j’ai été nommée présidente, un monsieur est venu me voir et m’a dit qu’il faudrait que je sois meilleure qu’un homme pour réussir à garder mon poste », se souvient Mme Coutu, un sourire en coin. Elle a finalement conservé la présidence pendant 15 ans, sans opposition.

Concertation et conciliation

Entre la famille, la ferme, le bénévolat, les cours de danse et la chorale, elle a trouvé le temps – et l’énergie, précise-t-elle – pour faire avancer des dossiers épineux.

Au début des années 1990, elle a dû faire le pont entre le syndicat des producteurs de porcs de Lanaudière et le président provincial au sujet de la fermeture d’un abattoir à Saint-Esprit, un dossier qui avait échauffé bien des esprits.

« Je suis fière de ça, dit-elle. J’aime travailler en concertation. En agriculture, c’est important que tous les intervenants se parlent et qu’on ne reste pas tout seul dans notre coin. »

Récemment, comme présidente du Conseil de développement bioalimentaire de Lanaudière, elle a dû trouver des solutions durables aux problèmes de financement liés à l’abolition des conférences régionales des élus. « Je voulais prendre ma retraite, mais je suis restée deux ans de plus pour stabiliser le financement. Je voulais absolument les laisser avec une base solide », mentionne Annette Coutu.

Elle a finalement tourné la page sur sa carrière de syndicaliste agricole en juin dernier, après avoir reçu le prix Hommage et Reconnaissance lors du Gala Excelsiors ainsi que la Médaille du lieutenant-gouverneur pour son implication bénévole. 

Si elle continue de faire du bénévolat pour la Fondation des maladies du cœur, la guignolée et la fabrique de la paroisse de Saint-Thomas, Annette Coutu entend profiter de sa retraite pour passer du temps avec ses petits-enfants. Parce qu’à ses yeux, « c’est ça, le plus beau métier du monde ».

Ce que pense Annette Coutu…

… de l’achat local

« Dans un contexte de mondialisation, il faut que les producteurs soient très efficaces pour réussir à compétitionner. C’est bien beau de vendre à la ferme, mais le défi est de rentrer dans les épiceries et les grandes chaînes. Dans notre coin, on a la campagne de promotion Goûtez Lanaudière! et ça fonctionne très bien, mais je pense qu’il faut aller plus loin. Il faut faire connaître davantage les produits lanaudois à l’extérieur de la région. »

… de la conciliation travail-famille

« Mes deux enfants ne se sont jamais plaints de mon implication, parce que ma famille est toujours restée ma priorité. J’essayais de ne pas travailler les fins de semaine pour garder du temps de qualité avec eux. Aujourd’hui, ce sont eux qui s’impliquent. »

… la place des femmes dans le syndicalisme agricole

« Ça me choque de voir qu’il n’y a pas encore beaucoup de femmes qui s’impliquent. Ça prend du guts, mais nous sommes très bien accueillies. C’est important d’avoir un mélange hommes/femmes. C’est ensemble qu’on peut faire avancer les choses. »