Pierre-Luc Leblanc, président des EVQ, estime que la fin de la gestion de l’offre n’est pas une garantie de plus bas prix pour les consommateurs canadiens. Crédit photo : Thierry Larivière

Pierre-Luc Leblanc, président des EVQ, estime que la fin de la gestion de l’offre n’est pas une garantie de plus bas prix pour les consommateurs canadiens. Crédit photo : Thierry Larivière

Le secteur de la volaille réplique à Trump

QUÉBEC — Le secteur québécois et canadien de la volaille se défend contre les attaques du président Donald Trump à l’égard de la gestion de l’offre. Il remet également en question les arguments de ses supporteurs canadiens, comme Maxime Bernier, qui déclarent souvent parler pour le bien des consommateurs.

« L’abandon de la gestion de l’offre ne garantirait pas des prix plus bas aux consommateurs », a affirmé Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec (EVQ), pendant l’assemblée générale annuelle de son organisation, le 19 avril.

Celui-ci a fait valoir que le prix reçu par les producteurs de poulet canadien a légèrement diminué au cours des derniers mois et qu’aucun rabais n’a pourtant été transféré aux consommateurs. « On estime que les marges brutes des transformateurs ont augmenté de 50 % en trois ans », avance même le président des EVQ. La fin de la gestion de l’offre et l’importation de matière première au prix mondial ne seraient donc pas une garantie d’économie pour les consommateurs canadiens. Pierre-Luc Leblanc a aussi fait valoir que le Canada permet déjà l’entrée de 7,5 % de son marché du poulet, alors que les États-Unis importent seulement 0,32 % de leur marché.

Les retombées économiques du secteur canadien de la gestion de l’offre

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Secteur canadien de la volaille

Les Éleveurs de dindon du Canada (EDC) et les Producteurs de poulet du Canada (PPC) n’ont pas l’intention de rester les bras croisés dans cette tourmente. Les retombées économiques importantes de la gestion de l’offre pour le Canada (voir tableau plus bas) militent pour une défense vigoureuse de ce système.

Phil Boyd, directeur général des EDC, a mentionné que son organisation allait rencontrer le ministre du Commerce international au début de mai afin de lui demander d’être « ferme » avec le gouvernement américain pour défendre la gestion de l’offre et de ne « pas se laisser dicter notre politique agricole » par un autre pays. « Nous devons faire connaître notre histoire aux députés conservateurs », a fait valoir Mike Dungate, directeur général des PPC.

L’UPA se prépare

« La renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain n’est pas encore vraiment enclenchée même si on entend beaucoup de choses », a rappelé Martin Caron, 2e vice-président de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Le Congrès doit en effet recevoir une demande officielle du représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, qui n’est d’ailleurs toujours pas officiellement en poste. Le vice-président de l’UPA a aussi fait référence aux retombées économiques de la gestion de l’offre au Canada, qui montrent tout le dommage à l’économie canadienne que pourrait causer son abandon. Martin Caron ajoute néanmoins qu’« il faut se préparer » et que des contacts ont été pris avec les premiers ministres, les négociateurs canadiens et divers alliés potentiels.

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