En 2010, des militants ont manifesté afin que les Montréalais puissent accueillir des poules dans leur arrière-cour. Depuis, de nombreuses municipalités ont permis l’élevage de « poules en ville ». Crédit photo : Archives/TCN

En 2010, des militants ont manifesté afin que les Montréalais puissent accueillir des poules dans leur arrière-cour. Depuis, de nombreuses municipalités ont permis l’élevage de « poules en ville ». Crédit photo : Archives/TCN

Les basses-cours, un danger à ne pas négliger

DRUMMONDVILLE — À l’heure où l’élevage de poules en ville gagne en popularité, l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA) s’est intéressée à la menace potentielle des basses-cours qui plane sur les élevages commerciaux lors de son assemblée générale annuelle du 16 février.

Des cas de transmission de maladies infectieuses provenant de basses-cours ont déjà été recensés dans les élevages commerciaux aux États-Unis. Le conférencier Jean-Pierre Vaillancourt, professeur titulaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, a donné l’exemple de la maladie de Newcastle qui a coûté 161 M$ à éradiquer en Californie et au Nevada en 2002. Selon lui, il y avait à cette époque plus de 13 000 basses-cours dans la région de Los Angeles. « Le risque individuel de chacune des basses-cours est très faible, a indiqué le chercheur, mais quand il y en a beaucoup, ça devient une problématique qu’on ne doit pas ignorer. »

L’étude des différents cas a révélé que des liens directs entre basses-cours et élevages commerciaux sont souvent en cause. Il suffit qu’un travailleur fasse garder ses enfants chez une dame qui élève des poules ou encore qu’un groupe d’employés assistent à une petite fête à proximité d’une basse-cour pour que les pathogènes se propagent.

Le professeur Vaillancourt souhaiterait que le ministère de l’Agriculture étudie le phénomène des basses-cours au Québec pour entre autres déterminer la prévalence des maladies infectieuses qui les affectent. Ainsi, de la formation pourrait être dispensée aux propriétaires de ces poulaillers artisanaux tout comme au personnel des élevages commerciaux.

Vers un régime d’indemnisation en 2018

Les efforts de l’EQCMA se poursuivent afin de parvenir à mettre en place un régime d’indemnisation en 2018. « Cet outil vise à inciter les gens à déclarer tous les cas de maladies ciblées et à les éradiquer rapidement », a mentionné le président Paulin Bouchard. Ce dernier s’est aussi réjoui de l’entrée en vigueur le 29 juin 2016 de la déclaration obligatoire par les producteurs des six affections ciblées par l’EQCMA : la typhose, la pullorose, l’influenza aviaire, la maladie de Newcastle, la laryngotrachéite infectieuse et le Mycoplasma gallisepticum.