Amélie Lampron et son père, Jean-Denis Lampron, fondateur de Rose Drummond. Crédit photos : Charles Prémont

Amélie Lampron et son père, Jean-Denis Lampron, fondateur de Rose Drummond. Crédit photos : Charles Prémont

Un virage effectué dans la transparence

DRUMMONDVILLE — Depuis cinq ans, Amélie Lampron et son mari Emmanuel Bertrand sont en processus de reprise de l’entreprise familiale, Rose Drummond.

Le marché de la fleur coupée n’étant plus ce qu’il était, les deux entrepreneurs de la relève devaient restructurer la compagnie. Rose Drummond s’est repositionnée comme un arrêt gourmand pour les voyageurs entre Montréal et Québec. Aujourd’hui, la boutique vend des fleurs, mais aussi des produits du terroir québécois et les automobilistes peuvent relaxer dans les serres en sirotant un café.

Évidemment, une telle métamorphose ne se fait pas sans heurts et sans préoccupations pour les employés. Pourtant, le tout s’est déroulé, malgré quelques accrocs, dans une relative douceur, assure Amélie Lampron. « Nous avons misé sur la transparence. Nous avons expliqué pourquoi on effectuait les changements qu’on cherchait à faire et ce que ça allait apporter à l’entreprise. On voulait diminuer l’insécurité que ça générait chez nos employés. »

C’est leur coach d’affaires qui les a mis sur cette voie. « Pendant deux ans, il venait à notre comité de gestion et posait des questions difficiles. Il a beaucoup insisté sur la communication : est-ce qu’on parlait suffisamment à nos employés? Est-ce que l’information remontait d’eux vers nous? Ça nous a obligés à cheminer. Ce n’était pas naturel pour nous de toujours ouvrir le dialogue afin d’éviter qu’une situation s’envenime. Mais aujourd’hui, je pense que ça a contribué à créer une belle ambiance de travail. »

Afin de pourvoir les postes des différentes divisions, les nouveaux propriétaires ont dû s’ajuster. Cela ne requiert pas les mêmes aptitudes selon qu’on tienne boutique, qu’on s’occupe des pousses, qu’on serve le café ou qu’on veille au potager. « On a changé nos attentes. Certains secteurs n’ont pratiquement pas de roulement; d’autres plus, et c’est correct. » Le potager a nécessité que l’entreprise engage des travailleurs saisonniers venant du Guatemala.

Pour attirer les ouvriers et les retenir, les cadres misent d’abord sur une bonne ambiance et savent aussi faire preuve de flexibilité. « On a une gestion très familiale. Si une employée tombe malade ou qu’elle doit aller voir un médecin, il n’y a jamais de problème. On a même instauré des “journées santé”. Ce sont des périodes payées pour prendre soin de soi, peu importe la manière. On voulait éviter que nos gens aient à nous mentir pour aller faire un après-midi de ski avec leur mère le jour de son anniversaire. »

Rose Drummond a été sélectionnée par le Centre d’emploi agricole de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec pour représenter cette région dans le cadre de Ma ferme, mon monde, la bonne idée en gestion des ressources humaines, une initiative d’AGRIcarrières.

Charles Prémont, Collaboration spéciale