Crédit photo : Archives TCN

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Le marché des grains : bilan 2017

Concernant le marché international des grains, l’année 2017 s’est achevée comme elle avait débuté : au neutre. Certes, on a connu quelques péripéties, mais le portrait global qui se dégage est celui d’un marché relativement équilibré.

Au 3 janvier 2017, les contrats à terme courants du maïs et du soya ont clôturé respectivement à 3,5575 $/bu et à 9,95 $/bu. Ces mêmes contrats ont fermé respectivement à 3,485 $/bu et à 9,6775 $/bu le 14 décembre. Un constat similaire peut être fait pour le Québec. En date du 3 janvier, les bases locales du maïs pour livraison immédiate étaient de 1,38 $ CA/bu et de 0,12 $ US/bu, avec un prix de 194 $/t FAB ferme. Au 14 décembre, les bases étaient de 1,38 $ CA/bu et de 0,33 $ US/bu, avec un prix de 192 $/t.

Pourtant, si l’on suit chronologiquement le cycle de production, l’année a débuté avec des productions records dans l’hémisphère Sud, qui auraient pu avoir un effet baissier sur les prix, car le Brésil a récolté 114,1 millions de tonnes (Mt) de soya et 98,5 Mt de maïs; du jamais vu! La production argentine de maïs a atteint un record fracassant de 41 Mt. Ensuite, les productions ont été abondantes en Europe, au Canada et en Ukraine. En Russie, la récolte de blé a battu un record. Aux États-Unis, celle du soya a établi un nouveau record en raison de la hausse des superficies, tandis que la récolte du maïs a fléchi de 4 %. Au Québec, les estimations finales de la production de 2017 nous donnent un portrait similaire à celui de 2016, à part en ce qui concerne l’avoine. Le total de production de maïs de 3,78 Mt est presque identique à celui de l’an passé, tandis que la récolte de soya baisse de 1 %.

Malgré l’offre abondante de grains, le marché mondial ne s’est pas effondré étant donné que la demande des Chinois était au
rendez-vous. Leurs importations de soya continuent de fracasser des records en atteignant des niveaux incroyablement élevés, soit 93,5 Mt en 2016-2017 et une quantité projetée de 97 Mt en 2017-2018. Si la tendance se poursuit, les achats chinois de fèves vont bientôt dépasser le seuil annuel des 100 Mt.

Jusque dans les années 2000, les pays occidentaux – États-Unis, Europe, Canada et Australie – étaient les principaux exportateurs mondiaux de grains. Ce n’est plus le cas avec la montée en flèche des nouveaux exportateurs de la mer Noire (Russie, Ukraine) et de l’Amérique du Sud (Brésil, Argentine). Le Brésil et la Russie sont devenus les premiers exportateurs mondiaux respectivement de soya et de blé, et la production de l’hémisphère Sud est maintenant vitale pour le négoce mondial des grains. Par conséquent, la situation de l’offre et de la demande américaine de grains est moins déterminante qu’auparavant et les Bourses américaines ne sont plus la seule référence internationale. Or, les nouveaux pays exportateurs ne disposent pas de Bourses et de monnaies fiables pour la détermination des prix, et ils manquent de transparence en ce qui a trait aux statistiques.

Ramzy Yelda, analyste principal des marchés, Producteurs de grains du Québec

Cet article a été publié dans l’édition de janvier 2018 du magazine Grains.