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La qualité des fourrages : un gage de succès!

Les fourrages récoltés tôt en saison, lorsqu’ils sont en feuilles, contiennent une grande quantité d’énergie et de protéines disponibles pour les animaux puisque c’est dans le feuillage que se trouve leur valeur nutritive.

Plus un foin devient mature, plus sa proportion de tiges augmente et plus celle des feuilles diminue. Cela engendre un rendement à l’hectare qui s’accroît, mais aussi une baisse de la qualité des fourrages.

Les tiges comportent beaucoup de tissus lignifiés que l’animal a de la difficulté à digé- rer. Pour cette raison, il faut donc chercher à obtenir un fourrage faible en fibres au détergent neutre (NDF) et en fibres au détergent acide (ADF), qui présente un taux de protéines brutes (PB) et d’énergie plus élevé. En théorie, un fourrage principalement composé de luzerne récolté au stade 10 % de floraison possède 17 % de PB, 47 % de NDF et 36 % d’ADF, contrairement à un fourrage de luzerne récolté en pleine floraison, qui contient 15 % de PB, 50 % de NDF et 40 % d’ADF. Les protéines diminuent de 0,25 %/j après le stade de boutons floraux. La répartition de la fenaison dans le temps permet d’alimenter les animaux selon leur stade physiologique. Par exemple, pour les 15 premières semaines de gestation ou au tarissement, les brebis ont besoin de fourrages de moindre qualité. Ceux qui sont de meilleure qualité, quant à eux, seront servis au cours du dernier mois de gestation et pendant la lactation. Il est important de faire l’analyse et l’identification des fourrages pour en déterminer la composition et mieux les valoriser. Connaître la valeur nutritive de toute nourriture donnée aux ovins facilite l’établissement d’un bon programme alimentaire et la gestion de l’ajout de concentrés, de céréales et de suppléments. Le tableau 1 ci-dessous pré- sente deux types de rations : l’une avec un meilleur fourrage qui ne nécessite pas de suppléments à 38 % de PB, comparativement à l’autre, de moindre qualité, à laquelle un ajout de suppléments est nécessaire pour répondre aux besoins des brebis en début de lactation.

Il n’existe pas d’ingrédients universels ni de recettes magiques. Il faut connaître les objectifs des propriétaires, le potentiel génétique du troupeau, la disponibilité et la gestion des aliments. L’évaluation individuelle de chaque situation permet de choisir les ingrédients en fonction de chacun. Cette étape demeure primordiale pour toute composition d’un programme alimentaire.

Pour bien réussir en production ovine, il faut garder en mémoire que les moutons sont des ruminants, et qu’en ce sens, ils pré- fèrent les fourrages. N’hésitez pas à contacter les réseaux Agriconseils pour bénéficier de l’expertise d’un conseiller afin de vous aider à atteindre vos objectifs. Il suf fit d’appeler au 1 866 680-1858.

 

Jessica Lepage et Marie-Claude Labrie, agronomes
Avec la collaboration de JMP Consultants et d’Écosphère