Crédit photo: Archives TCN

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Faut-il changer son plan de culture?

Le chercheur Gilles Tremblay, du Centre de recherche sur les grains (CÉROM), mentionne qu’il ne sert à rien de s’en faire avant le 1er juin pour les pertes de rendement associées aux cultures de soya et de maïs qui ne sont pas encore semées.

La grande question : faut-il opter pour un cultivar nécessitant moins d’unités thermiques? « Non, pas avant le 1er juin. Tous mes tests confirment que ce n’est pas nécessaire dans le maïs ni dans le soya », répond le chercheur.

Entre le 1er et le 5 juin, il suggère de considérer des cultivars plus hâtifs autant pour le soya que le maïs, notamment afin de diminuer le risque que ces grains aient une teneur en eau trop élevée à la récolte, ce qui augmenterait les coûts de séchage.

Gilles Tremblay, chercheur au CÉROM.

Gilles Tremblay, chercheur au CÉROM.

Après le 5 juin, Gilles Tremblay propose de remplacer les semis de maïs par du soya. « Le soya affichera plus de pertes potentielles de rendement que le maïs, mais tu es certain de ce que tu récolteras. De fait, le retard de semis chez le soya n’affecte pas la qualité de ses grains, son taux de protéines, l’indice de verse, etc. Seul le contenu en huile peut diminuer. À l’inverse, chez le maïs, la baisse de qualité et l’augmentation de la teneur en eau pourraient compromettre la rentabilité de cette culture semée tardivement », estime-t-il.

Les producteurs qui aiment le risque peuvent tout de même effectuer un choix gagnant en semant du maïs, même en juin, à condition qu’un automne chaud, comme c’est le cas en moyenne depuis quelques années, permette à la plante d’accumuler toutes les unités thermiques dont elle a besoin pour parvenir à maturité.

Concernant les céréales, Gilles Tremblay maintient qu’au sud du Québec (Montérégie, Centre-du-Québec, Lanaudière, etc.), il est possible de semer du blé avant le 25 mai, sans trop risquer de subir des pertes financières. Plus au nord, il conseille de ne pas dépasser le 5 juin, sinon des problèmes de qualité et de toxines pourraient diminuer la rentabilité de cette culture. Dans ces conditions de semis tardif, il privilégie l’orge.

Un départ

Après 20 ans au CÉROM, Gilles Tremblay a décidé de quitter cet organisme pour travailler au ministère québécois de l’Agriculture. Outre ses travaux de recherche, c’est lui qui avait trouvé le nom CÉROM (CÉRéales Oléagineux Maïs).

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