Une cinquantaine de travailleurs attendent toujours de pouvoir être relocalisés. Photo: Archives

Une cinquantaine de travailleurs attendent toujours de pouvoir être relocalisés. Photo: Archives

Cultures détruites : les travailleurs seront relocalisés

Une semaine après les orages violents à Sherrington et à Napierville, Service Canada accorde une permission spéciale pour relocaliser une cinquantaine de travailleurs étrangers temporaires toujours sans emploi. La Financière agricole du Québec estime que les dommages s’élèvent à 11 M$.

C’est une première. Service Canada permet aux travailleurs étrangers temporaires (TET) employés dans les fermes frappées par les orages violents du 4 août d’aller temporairement travailler ailleurs.

Trois cents travailleurs étrangers s’étaient retrouvés soudainement sans emploi dans une dizaine de fermes au lendemain de la tempête qui a frappé Saint-Isidore, Saint-Édouard, Sherrington et Saint-Cyprien-de-Napierville, selon la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre étrangère (FERME).

Six jours plus tard, une centaine n’avaient toujours pas repris le travail, mais la souplesse dont a fait preuve Service Canada a permis d’en remettre une cinquantaine au travail dans d’autres fermes. « Il y avait des besoins pour d’autres fermes pas trop loin », indique le consultant en immigration à l’Union des producteurs agricoles, Denis Roy.

« Ils restent chez leur employeur initial, dans le même logement. Ils sont transportés par autobus chez le nouvel employeur, mais restent payés par l’employeur initial », explique M. Roy, fier d’être le maître d’œuvre de la solution mise de l’avant par Service Canada.

« [Service Canada] fait preuve de souplesse dans l’interprétation du programme et des règles, indique Denis Roy. Pas de nouvelles démarches de permis de travail; c’est une solution gagnant-gagnant pour tout le monde. »

En ce qui concerne les 50 TET restants, le président-directeur général de VegPro International, Gerry Van Winden, attend une réponse de Service Canada. « Ici, on a des activités d’emballage de laitues où on a besoin de main-d’œuvre », explique-t-il. Mais les règles actuelles ne permettent pas de diriger les travailleurs vers une entreprise de transformation s’ils ont été engagés pour des activités agricoles d’une autre entreprise. M. Van Winden s’attend à pouvoir ramener ces travailleurs à la récolte de laitues dans trois ou quatre semaines.

Bilan provisoire

Le 11 août, le président-directeur général de La Financière agricole du Québec (FADQ), Ernest Desrosiers, s’est rendu en Montérégie pour constater les dégâts. Les pertes sont évaluées à 11 M$. L’ampleur des dommages varie de 25 à 100 % chez les producteurs affectés.

Jusqu’à maintenant, la tempête du 4 août a généré au total 65 avis de dommages, dont 35 pour des productions maraîchères, 20 pour les grandes cultures, 4 pour les légumes de transformation et 6 pour les pommes. La FADQ indique collaborer avec le ministère de l’Agriculture en vue d’établir les paramètres d’une aide financière exceptionnelle.

Selon le président de la Fédération de l’UPA de Montérégie, Christian St-Jacques, le programme d’assurance récolte ne convient tout simplement pas à la production maraîchère. « C’est zéro plus une barre pour les maraîchers », dénonce-t-il. Il souligne que les producteurs maraîchers touchés par la tempête du 4 août revivent un cauchemar. En 2011, leurs champs avaient également été noyés et le gouvernement avait promis d’apporter des modifications au programme.

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