Crédit photo : photosmoz.com

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Un contrat d’un demi-million pour la soie d’Amérique

La Garde côtière canadienne disposera, dès l’hiver prochain, d’équipement isolé avec de la soie d’asclépiade. Services publics et Approvisionnement Canada a signé un contrat de 507 000 $ avec Protec-Style, une entreprise de textiles de Granby.

Spécialisée dans la production de fibres végétales et écologiques, Protec-Style sera responsable de fournir la Garde côtière canadienne en doublures de parka, en combinaisons, en gants et en mitaines. L’approvisionnement en soie sera assuré par la Coopérative Monark. « C’est vraiment rassurant pour les producteurs, lance Daniel Allard, président de la Coopérative. On s’est tous lancés dans la production d’asclépiade sans être certains de la tournure que les choses allaient prendre et, quatre ans plus tard, on est déjà débordés! »

Soixante-quinze fermes sont actuellement engagées dans l’aventure, et vingt-cinq autres sont en attente d’approbation. La production a beau être toute nouvelle, elle suscite un engouement impressionnant, et le marché est déjà bien engagé.

Cependant, l’asclépiade nécessite un temps de production qui peut compliquer la situation. En effet, pour les plants semés en 2016, on ne pourra avoir de récolte qu’en 2018. « Dans l’industrie, les gens ne sont pas habitués d’attendre, déplore M. Allard. Mais ils n’auront pas d’autre choix s’ils veulent avoir une fibre compétitive. Il faut bien faire les choses si on veut rester dans la course. »

Pour Daniel Allard, leur force, c’est de fournir un produit écologique régi par une logique économique. La méthode québécoise de production de soie d’Amérique, unique au monde, a tout pour séduire l’industrie du textile. « Moi, ce qui me motive, c’est le potentiel du marché. En plus de la Garde côtière canadienne, 12 entreprises attendent pour des intérieurs de manteaux. Et d’ici 2017, j’espère pouvoir me tenir au chaud dans mon propre manteau isolé avec de l’asclépiade », conclut-il, enthousiaste.