Par mesure de prévention, plusieurs grandes chaînes d’alimentation ont retiré la laitue romaine de leurs étalages. Crédit photo : Archives/TCN

Par mesure de prévention, plusieurs grandes chaînes d’alimentation ont retiré la laitue romaine de leurs étalages. Crédit photo : Archives/TCN

La laitue romaine ne fait plus l’objet d’une enquête de salubrité

Le 10 janvier, le gouvernement du Canada a levé sa recommandation d’éviter de consommer de la laitue romaine pour les habitants des cinq provinces de l’est du pays.

Après avoir essuyé des pertes considérables, le principal producteur de laitue québécois, Vegpro, pousse un soupir de soulagement, mais ce n’est pas terminé de l’autre côté de la frontière.

Rappelons que le 11 décembre, l’Agence de la santé publique du Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et Santé Canada ont émis un avis de santé publique après la découverte de 21 cas d’infection à E. coli au pays. Quelques jours plus tard, 17 cas similaires étaient rapportés aux États-Unis. Les autorités sanitaires canadiennes et américaines soupçonnaient la laitue romaine d’être la cause des infections. Le dernier rapport émis par l’ACIA le 10 janvier faisait état de 42 cas d’infection au Canada, tandis que le gouvernement américain en dénombrait 24. À ce jour, deux personnes en sont mortes. Malgré cela, aucun rappel de produit n’a été associé à cette éclosion, bien qu’une recommandation ait été émise aux habitants des cinq provinces de l’est du pays de consommer d’autres types de laitue.

Prévention

Par mesure de prévention, Sobeys avait retiré la laitue romaine des succursales de ses magasins IGA, Marchés Tradition, Bonichoix et Rachelle-Béry, le 22 décembre. « Quand Sobeys sort tout de ses magasins deux jours avant Noël, ça fait mal », indique le président-directeur général de Vegpro, Gerry Van Winden. Vegpro ne peut chiffrer les pertes engendrées par la mauvaise publicité, mais « quand on ne trouve pas de coupable et que ça perdure, on laisse pendre une épée de Damoclès au-dessus des [têtes des producteurs] », indique ce dernier. Dans la foulée, de nombreux restaurateurs ont d’ailleurs enlevé la laitue romaine de leurs menus.

Enquête

Au Canada, le plus récent avis de santé publique a confirmé que la source de l’éclosion était bel et bien l’exposition à la laitue romaine, tout en précisant que la cause de la contamination n’avait pas été déterminée. Cependant, certains malades interviewés ont dit avoir mangé de la laitue romaine à la maison et d’autres, des salades préparées vendues en magasin, provenant de restaurants et de chaînes de restauration rapide. « C’est comme si tous les segments du marché avaient reçu, au même moment, des produits qui auraient été contaminés, a indiqué M. Van Winden. Il n’y a personne au Canada qui approvisionne l’ensemble des segments du marché canadien. »

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies juge la preuve trop mince pour mettre en garde la population contre un aliment plutôt qu’un autre. Aucun fournisseur, distributeur ou détaillant de légumes-feuilles commun n’a été identifié comme une source possible de l’éclosion. L’enquête se poursuit.

L’éclosion d’E. coli au Canada :

  • 42 cas d’infection à E. coli O157;
  • 15 cas au Québec, 8 en Ontario, 5 au Nouveau-Brunswick, 1 en Nouvelle-Écosse et 13 à Terre-Neuve-et-Labrador;
  • 17 personnes hospitalisées;
  • 1 mort.