Le faible coût de la main-d’œuvre en Chine pour la récolte peu mécanisée des framboises rend le pays compétitif sur le marché de la transformation. Crédit : Archives/TCN

Le faible coût de la main-d’œuvre en Chine pour la récolte peu mécanisée des framboises rend le pays compétitif sur le marché de la transformation. Crédit : Archives/TCN

Des framboises chinoises contaminées

Des framboises congelées importées de Chine ont rendu malades plus de 724 Québécois à l’été 2017.

C’est un bilan de santé publique publié en janvier qui a dévoilé l’affaire.

Les framboises destinées à la transformation ont été contaminées aux norovirus, un groupe de virus associés à la gastroentérite. L’éclosion est survenue auprès de populations vulnérables, notamment dans des résidences pour personnes âgées et des garderies.

Onze rappels d’aliments ont été émis conjointement par le ministère de l’Agriculture et l’ACIA, entre juin et août, chez trois importateurs qui s’approvisionnaient auprès du même fournisseur chinois.

Selon l’Union des producteurs agricoles, un manque de ressources à l’ACIA, l’organisme responsable des inspections, pourrait être en cause. Le budget consacré au programme des produits alimentaires importés et manufacturés a été amputé de 7,7 M$ entre 2016 et 2019. Une baisse principalement attribuable « à l’élimination progressive du financement du projet de plateforme de prestation électronique de services et de l’initiative fédérale liée aux infrastructures […] », lit-on sur le site de l’ACIA.

Réciprocité

L’événement entache la réputation des producteurs de framboises québécois et remet en lumière un dossier bien connu du secteur agricole : la réciprocité des normes de salubrité. « On demande à nos agriculteurs de respecter certaines normes de salubrité, mais de l’autre côté, on importe des produits qui ne sont pas soumis à ces normes-là, réagit David Lemire, président de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec. C’est un double discours [des gouvernements]. »

L’Association assure qu’au Québec, les normes du ministère de l’Agriculture ou de la certification Canada Gap sont strictes et permettent d’éviter ce genre de problème.

Présentement, les fraises et les framboises du Québec sont destinées à 98 % au marché frais, mais l’Association n’exclut pas la possibilité de reprendre le marché de la transformation aujourd’hui ouvert à l’international. Les agriculteurs développent de nouvelles variétés, techniques de production et méthodes de récoltes mécanisées. « Au cours des prochaines années, on pourrait devenir compétitifs dans le secteur des framboises de transformation, affirme M. Lemire, et reprendre ce marché-là. »