À coeur ouvert 9 août 2017

Pourquoi pas une fille?

Il n’est pas rare que nous entendions des producteurs agricoles se plaindre de leur difficulté à trouver de la main-d’œuvre compétente. Lorsqu’on leur demande s’ils ont regardé du côté des femmes, certains répondent : « Une femme, ce n’est pas polyvalent! »

Apparemment, elles sont moins fortes physiquement, ont moins d’endurance et d’aptitude à conduire de la grosse machinerie. Elles vont avoir des enfants, prendront des congés de maternité et auront des obligations familiales!À coeur ouvert

Ce discours à l’encontre de la main-d’œuvre féminine est le même depuis des décennies. Est-ce qu’il passe le test de la réalité? Nous avons questionné quelques producteurs à ce sujet. Bien sûr, c’est un sondage qui n’a rien de scientifique. Les réponses que nous avons obtenues démontrent tout de même l’appréciation de certains employeurs agricoles pour leur main-d’œuvre féminine. Les femmes peuvent tout faire : soigner les animaux, conduire n’importe quelle machinerie, épandre le fumier, etc.

Elles sont de plus en plus formées, et l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) regorge maintenant d’étudiantes. La mécanisation, qui contribue à alléger la charge physique des hommes, a le même avantage pour les femmes. Quant à l’endurance, plusieurs femmes vous diront que ça en prend une bonne dose lors d’un accouchement. Par ailleurs, en ce qui concerne les congés de maternité, il faudrait être conséquent avec la grande valeur accordée à la famille en agriculture.

Il y a encore beaucoup de préjugés sur les femmes dans les métiers traditionnellement masculins. L’important pour une fille, comme pour un gars, c’est d’être passionné, ponctuel et fiable!

Croyez-vous que nous enjolivons le portrait parce que nous sommes deux femmes?


QUESTION D’UN LECTEUR

Q. Quoi penser de Facebook? Ma femme et moi travaillons à la ferme. C’est le fun de voir du monde sur Facebook, mais c’est parfois démoralisant. Tu regardes les photos d’un tel qui montre ses beaux champs droits, d’un autre qui présente ses tracteurs de l’année, qui voyage avec sa femme en Europe ou qui se promène en bateau… Moi, je n’ai pas de machinerie neuve et on ne voyage pas. Avec Facebook, c’est comme si tout le monde était meilleur que toi.

R. Oui, d’un côté, Facebook a de bons aspects, comme celui de retrouver des amis dont on avait perdu la trace ou d’être facilement en contact avec les gens, où qu’ils soient. D’un autre côté, il va toujours y avoir quelqu’un, quelque part, pour exposer ses nouvelles acquisitions ou ses souvenirs de voyage. Évitez de vous comparer, car vous risqueriez de vous retrouver en situation de manque perpétuel. Et n’oubliez pas que les gens ne nous montrent que ce qu’ils veulent bien nous montrer. Habituellement, ils ne vont pas publier une photo de leur bout de champ croche ou parler de leur marge de crédit dans le rouge… Prenez le temps de regarder ce qu’il y a de bien dans votre vie et rappelez-vous, comme nous l’a dit un agriculteur, qu’« il faut profiter des petits plaisirs de la vie sans idéaliser celle de son voisin ». Un autre nous a d’ailleurs déjà confié : « Pour être heureux dans mon métier, j’essaie de résister à la surconsommation de biens qui nous condamne à performer coûte que coûte, générant beaucoup de stress. Il faut privilégier l’être plutôt que l’avoir. » Voilà qui mérite réflexion!