Politique 5 septembre 2014

Une nomination qui fait jaser…

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L’ex-ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau s’est trouvé un nouvel emploi au sein de la firme d’experts-comptables Raymond Chabot Grant Thornton.

Il s’agit d’une embauche qui fait jaser et qui soulève des questions d’éthique. Or, dans un communiqué émis vendredi après-midi, son employeur s’est empressé de préciser « qu’aucun mandat spécifique lié au Plan Nord » ne lui sera attribué dans le cadre de ses fonctions.

La firme montréalaise a dit être au courant « des contraintes auxquelles Mme Normandeau est assujettie à l’égard du Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale et de la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme ». Et, on devine la suite, la direction de l’entreprise promet qu’elle se conformera à ces règles.

Il n’en demeure pas moins qu’ils sont nombreux, tant dans les milieux politiques que financiers, à s’interroger sur le rôle véritable que jouera l’ex-députée libérale de Bonaventure au sein du cabinet d’experts-comptables Raymond Chabot Grant Thornton.
La question qui se pose est la suivante, et elle n’est pas banale : Nathalie Normandeau, à titre de vice-présidente au développement des affaires, aura-t-elle à intervenir dans les dossiers touchant le Plan Nord du premier ministre Jean Charest, avec qui elle faisait équipe jusqu’à démission, au début de septembre 2011 ? La politicienne avait défrayé la manchette à maintes reprises dans le controversé dossier du gaz de schiste au Québec. Une de ses déclarations sur l’effet polluant des vaches l’avait mise dans l’embarras…

La balle est dans le camp de son nouvel employeur, ont confié à la Terre des observateurs proches du milieu politique québécois. Ce sera d’abord à son patron de définir le mandat précis de Mme Normandeau, de façon à dissiper tout doute sur le travail qu’elle accomplira dans ses nouvelles fonctions.

Il faut rappeler qu’un nouveau code d’éthique des parlementaires québécois, adopté en décembre 2010, balise désormais le terrain de jeu. En vertu de ce code, un ancien membre du conseil des ministres qui décide de réorienter sa carrière dans le privé, doit se comporter de façon à ne pas tirer «d’avantages indus» des fonctions qu’il cumulait, et il doit se garder de faire couler des informations privilégiées. Mais il faut comprendre que Nathalie Normandeau a quitté avant l’adoption du code d’éthique…